5 points-clés pour aider votre conjoint(e) en burn-out

Cela faisait déjà des mois qu’il (elle) vous disait son stress au travail, ses journées survoltées, son supérieur constamment insatisfait, ses collègues langues de vipères… Depuis quelque temps, pourtant, plus rien. Il (elle) se tait. Mais plus inquiétant : vous le (la) trouvez désormais distant(e), agressif(ve), peu communiquant(e), sans enthousiasme, voire indifférent(e) à tout. Il (elle) semble avoir profondément changé. Et vous avez entendu parler du burn-out. Comment ne pas faire le rapprochement ? Renseignements pris, oui, les « symptômes » de votre conjoint(e) semblent bien correspondre à ceux d’un épuisement professionnel. Mais alors que dire ? Que faire ? Voici 5 points-clés pour aider votre conjoint(e) en burn-out.

Atelier-sos-burn-out1. Encouragez-le (la) à changer de cadre

–          Première étape : incitez-le (la) à se reposer. Prendre des vacances pourrait être un bon début. Il (elle) se croit indispensable dans son travail ? Demandez-lui s’il (elle) se sent réellement efficace, ces dernières semaines, et si le fait qu’il (elle) prenne le temps de se ressourcer ne pourrait pas être plus profitable à son travail que son brassage-de-vent actuel… Le must : partez ensemble à l’autre bout du monde, un autre bout du monde bien dépaysant et, si possible, sans connexion internet.

–          Même s’il (elle) traine les pieds, forcez-le (la) à sortir, à voir des amis. Invitez du monde à la maison. Si possible, des personnes au sens de l’humour régénérant. Cherchez bien… vous devriez trouver ça !

–          Encouragez-le (la) à pratiquer une activité physique, de préférence avec une (ou plusieurs) tierce personne : se dépenser (squash, randonnée…) ou se relaxer (yoga…), peu importe ! L’essentiel est qu’il (elle) reprenne conscience de son corps.

2. Discutez avec lui (elle)

–          Mettez des mots clairs sur son mal-être. Bannissez les périphrases et allez droit au but, pour lui dire que vous prenez acte de sa souffrance, que vous la comprenez, et qu’il existe des solutions. Votre discours doit être fluide, sans accusation aucune et emprunt d’empathie. A lire : le chapitre 6 « Mettre des mots sur ses émotions », de l’ouvrage de Prune Quellien : Rendez-moi mon couple !

–          Dites-lui votre inquiétude et la nécessité de faire changer les choses. Mais attention, ne donnez pas l’impression à votre conjoint(e) de le (la) psychanalyser : ce n’est pas de votre ressort et cela pourrait l’agacer plus que l’aider. Votre rôle est de lui dire que vous avez l’impression qu’il (elle) a un problème… et qu’un professionnel saura l’aider à le résoudre.

–          Une personne en burn-out est souvent agressive. Ne répondez pas sur le même mode ! Comprenez que sa manière de vous parler résulte d’une souffrance et que c’est en la sortant de cette souffrance que vous réglerez son agressivité, non en criant, en la critiquant, en l’abaissant.

–          Aidez-le (la) à s’exprimer : épuisé(e) professionnellement, on a bien du mal à parler. Encore plus à dire ses émotions. On en a pourtant sacrément besoin ! Dites-lui ce que vous pensez qu’il (elle) ressent, sans trop affirmer. Rappelez-lui que vous n’êtes qu’une oreille aimante et qu’il (elle) n’a pas besoin de fuir ou de se cacher. S’il (elle) veut parler, vous êtes là. Vous ne jugerez pas.

–          Proposez-lui de l’information sur ce qu’il (elle) vit : cela devrait l’aider à prendre conscience de son problème, à voir qu’il (elle) n’est pas tout(e) seul(e) dans ce cas et à ne pas culpabiliser. A percevoir, aussi, que des solutions existent et sont à sa portée. L’après burn-out n’est pas une utopie.

 3. Valorisez-le (la)… en le (la) responsabilisant

–          Si rien ne va plus côté boulot, s’il (elle) subit les sarcasmes de ses collègues et l’arrogance de son boss, montrez-lui qu’il (elle) n’en a pas moins de valeur ! Ses amis, eux, sont bien là, prêts à continuer de rire avec lui (elle). Rappelez-lui qu’il est un bon père, qu’elle est une bonne épouse… et valorisez-le (la) en public. Cela ne réglera pas tout instantanément mais, petit à petit, lui montrera que les reproches qu’il (elle) subit dans son travail ne sont pas les seuls reflets de la qualité de sa personne.

–          Guidez-le (la) mais ne l’infantilisez pas. Evitez les « fais-ci », « fais-ça » : même en souffrance, votre conjoint(e) ne doit pas devenir une personne assistée ! Ce ne serait pas terrible pour sa confiance en lui (elle) qu’il (elle) doit, justement, retrouver progressivement.

Atelier-sos-burn-out

4. Incitez-le (la) à consulter un spécialiste

–          Pour une personne en burn-out, dur dur de passer au stade « Je consulte ». Votre conjoint(e), pour cela, a grand besoin de votre aide ! Faites d’abord en sorte qu’il (elle) discute avec d’autres personnes de son mal-être, parce que votre seul avis ne suffira vraisemblablement pas à le (la) convaincre d’accepter son burn-out. Or cette phase d’acceptation est essentielle pour pouvoir franchir le pas d’une volonté d’aller mieux. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez l’emmener voir un médecin !

–          Il (elle) refuse de consulter ? Dégainez la technique de l’ultimatum : avec lui (elle), fixez un délai au bout duquel, si les choses ne vont pas mieux, il (elle) vous promet d’aller voir un spécialiste. Une fois ce temps écoulé, il (elle) n’aura plus qu’à tenir parole s’il (elle) n’a pas remédié à la situation de lui-même (d’elle-même) ! Pour lui (elle), ce sera plus facile que de se dire « J’ai un problème psychologique, je vais voir quelqu’un ». Là, il lui suffira d’utiliser le « Je lui ai promis, alors j’y vais ».

 5. Ne vous perdez pas vous-même

–          Ce ne serait pas rendre service à votre conjoint(e) en souffrance que de tout sacrifier à ses soins. Ne vous négligez pas, continuez de sortir, de faire du sport, de vous occuper, comme à votre habitude, de vos enfants… et continuez de vivre, pour votre équilibre personnel et pour rappeler, au quotidien, à votre moitié, quelle est la normalité de la vie… Il y a une alternative au malheur !

–          Enfin, n’acceptez pas tout sous prétexte qu’il (elle) fait un burn-out : distinguez sa personne et sa souffrance de ses actes. Vous pouvez être conscient de son mal-être, tout faire pour l’aider… sans pour autant tout tolérer. Vous trouvez qu’il (elle) exagère ? Vous n’aimez pas sa façon de vous parler ? Dites-le lui !

 

Votre conjoint(e) est en burn-out et cet article vous inspire ? Vous avez essayé de le mettre en pratique ? Faites-nous part de vos commentaires !

14 réflexions au sujet de « 5 points-clés pour aider votre conjoint(e) en burn-out »
  1. Je suis depuis 10 jours à la maison. J’avais fait venir mon médecin pour lui demander quelque chose pour dormir. Je me réveillais en sursaut la nuit. Je ne pensais que boulot. J’ai craqué en pleine réunion. Je pleurais sans raisons cela coulait ainsi. Maintenant je dois reprendre jeudi et j’ai envoyé un message pour dire que je fais le nécessaire pour revenir au boulot.
    La collègue m’a demandé si c’était sur pour jeudi. J’ai répondu qu’il faut pour l’équipe et pour moi. Elle m’a répondu je suis crevé que deux personnes sont tombé en maladie depuis mon absence. Et depuis je pleurs sans arrêt. J’ai voulu en parler avec mon mari mais je suis encore plus perdue. J’ai peur de ne pas y arriver. Je suis complètement perdue. Je dois me forcer à retourner au boulot.

  2. Rapidement et en quelques mots:
    Depuis 4 ans, mon épouse travaille pour différentes missions (ONG entre autres). Au départ prévu à 30%, mais très vite son engagement passe à 17h par jour, elle se lève à 3h du matin pour travailler et finit toujours avec son travail vers 21h. , ceci 7 jours sur 7.
    Je lui propose des sorties en week-end… mais elle prend son ordinateur avec elle, pour travailler le soir et tôt le matin ! On part en vacances… mais elle prend son ordinateur avec elle, et après chaque activité elle travaille ! Je lui propose d’inviter des amis…, mais elle refuse ou lorsqu’ils sont là, au bout d’un moment elle quitte le groupe pour aller sur son ordinateur et… je me retrouve seul avec les invités ! Si je lui demande de faire l’effort de ne pas prendre son ordinateur durant nos week-ends de sortie ou durant les vacances, elle me dit ne pas se sentir libre et que je lui met des contraintes; ou elle me dit qu’avec ce genre de condition, alors elle ne préfère pas m’accompagner (alors j’abdique en pensant que nous aurons quand même quelques beaux moments, malgré tout).
    En fait, elle fonctionne exactement et la même chose que son responsable. Elle a pris exemple sur lui, très tôt levé et tout le temps sur son Mac; prenant son ordinateur portable en vacances…, passant peu de temps avec sa femme… (chacun vivant sa propre vie de manière très individuelle). C’est un copié-collé de son responsable.
    Je suis en souci pour notre couple, car elle devient distante, n’ayant plus de temps pour parler, pour rester à table et partager, plus envie d’inviter des amis, etc. Si j’essaie de lui en parler….elle se braque de suite, disant que je ne l’a comprend pas et que je suis toujours dans la critique. Pourtant, ses parents lui font aussi quelques remarques (lors de nos visites chez eux… elle prend son ordinateur avec elle pour travailler), nos amis proches lui ont aussi et précautionneusement dit les choses (avec tact).
    Mais…rien ne change ! Elle dit que personne ne peut la comprendre.
    Auriez-vous quelques conseils ? Merci d’avance.

  3. Je vis avec mon conjoint depuis 26 ans. On peut dire que l’on a une situation assez confortable ( sorties, restaurants etc). Il y a une dizaine de jours celui-ci est parti du domicile familial pour se reposer. J’ai tenté de lui demander des explications à l’heure actuelle il me dit ne pas être bien. Tout à débuter il y a quelques mois il a en effet littéralement changé. Il s’est mis à boire de façon ponctuelle et a fait des sorties avec des copains. Je n’ai pas réagi tout de suite et lui ai fait remarquer qu’il fallait mettre certaines limites. Il a obtenu une promotion à son travail depuis peu.
    Il a souvent été de mon point de vue trop disponible pour son boulot., il lui arrive régulièrement de travailler 15 h par jour. Je lui ai exprimé mon souhait de mener une vie plus modeste, avec moins d’argent mais celui-ci m’a répondu qu’il lui était impossible de le faire. Il travaile à la SNCB en tant que responsable.
    Il y a 15 jours, il est parti avec des amis et notre fils âgé de 21 ans en Espagne voir un match de foot pendant deux jours. Il ne m’a pas donné de ses nouvelles. Par la suite, lors de son retour il a décidé de partir se réfugier chez son frère. Il a demandé de l’aide auprès d’un généraliste qui lui a prescris du Xanax à forte doses. IL n me répond plus au téléphone ni même à son fils avec qui il partageait des liens forts. Il m’a dit avant de partir que c’était suite à une dispute avec notre fils lors du voyage qu’il ne supportait plus cette vie. J’ai tenté d’arranger les choses en discutant avec notre fils et les choses se sont arrangées. Enfin je le croyais!

  4. Voilà , j’ai bientôt 40 ans et après 7 ans de vie seul avec mes 2 enfant 12 et 9 ans je renconte un monsieur 46 ans pas d’enfant et il fonctionne exactement comme moi . Nous avons chacun nos bien de nos côté , donc personne n’a besoin de personne matériellement , juste beaucoup d’affection , attention ect … Mais monsieur a fait un burn out il y a 7 mois donc pas très bien je pense et après qq fois que nous nous sommes vu et que je lui est annoncer qu’après la séparation du papa de mes enfants je m’étais fais ligaturer les trompes ( pensent qu’à 46 ans , pas de tracas bébé ! ) il a préfèrer mettre un terme . Je suis très triste et je ne sais plus quoi penser car il dit ne pas vouloir me perdre , et de mon côté je me sens pas bien du tout non plus parceque c’est quelqu’un avec qui nous aurions pu vivre des bon moment sens pensée bébé a notre âge .

  5. Bonjour,
    J’ai besoin d aide: mon mari a ouvert son restaurant depuis quelques mois.
    C’ est pour lui la première fois qu il réalise un projet professionnel sans échec même si il ne se rémunère pas encore.
    Il travaille énormément, dort peu et depuis quelques temps s endort régulièrement sur le canapé ou dans son bain et y passe la nuit… Il se referme sur lui, n a plus envie de faire des activités et n a plus aucune libido.
    Il sait que cette situation me pèse: il est peu à la maison et quand il y est il est trop fatigué pour envisager quoi que ce soit.
    Il évoque même la séparation en me disant que je serai libérée de cette vie pesante pour moi. D’ ailleurs il ne sait plus s’il m aime.
    Il a complètement changé, avant on avait une vie sociale épanouie, on était très amoureux.
    Pourrait-il s.agir d’un burn out?
    Merci de me donner votre avis, j ai peur qu il fasse une bêtise.

  6. Bonsoir Pascale,
    D’abord il faut vous assurer que tout va bien pour lui et qu’il n’est pas en danger. Il s’isole et a du mal à affronter la réalité de son état qui est très sérieux. Il est en souffrance et la culpabilité doit malheureusement en ajouter à l’épuisement physique. Il faut qu’il consulte un médecin. Peut-être lit-il vos messages même si il n’y répond pas? Conseillez lui de consulter un médecin, de lire ce blog et de télécharger le livret PDF. Si vous pensez qu’il est en danger alors il faut aussi le lui dire et éventuellement alerter sa famille, des personnes qui pourront lui faire passer le message. Tenez-nous informés. Sincèrement avec vous dans cette phase difficile. Karine

  7. Mon ami est en burnout et s’est retiré dans son appartement. Jusque là nous vivions ensemble chez moi. Il ne répond pas à mes appels, à mes messages. Je voudrais l’aider, mais il reste inaccessible. Que faire?

  8. Bonjour Jean-Luc,

    Tout le monde ne réagit pas de la même façon à un même stresseur et ne s’adapte pas non plus de la même façon à une situation identique. En fait la question est la perception d’être sur la « brèche » et est-ce que cela constitue pour soi un stress (manque de contrôle, imprévisibilité, nouveauté, égo menacé) qui peut vous conduire au stress chronique et donc au burn out. Donc difficile de se comparer et impossible de dire que certains y échapperont car immunisés. Dans l’absolu personne n’est à l’abris mais on peut développer des compétences personnelles et acquérir des techniques qui vous permettent de mieux vous adapter 🙂

  9. Bonjour Cécile,

    que dirais-tu de proposer dans un article invité des solutions aromathérapies à mes lecteurs? Tout ce qui peut les aider est le bienvenu sur mon blog 🙂 à bientôt

  10. Bonjour Karine,

    C’est certain qu’il faut aider son conjoint à passer au travers du burn out et surtout à voir venir les choses avant qu’il ne soit trop tard…

    Mieux vaut prévenir que guérir.

    Comment font les gens qui vivent seuls pour s’aider eux-mêmes, pour éviter le burn out et pour s’en sortir?

    En fait, je pense qu’il vaut mieux être seul qu’avec quelqu’un qui va nous dire :

    «Il ne faut pas trop s’écouter…» et toutes les réponses de ce genre, comme le dit Sylviane dans son commentaire.

    Amicalement,

    Sco!

  11. Bonjour Karine

    Oui je crois que l’aide du conjoint est déterminante car seul c’est vraiment galère, quand j’ai fait ma dépression nerveuse, je n’ai reçu aucune aide de mon mari et la remontée a été longue et difficile.

    J’entendais plutôt: »mais ce n’est pas grave, ne fais pas attention » ce qui aide à … plonger davantage. Pouvoir en parler avec la personne qui partage notre vie est sans aucun doute une aide inestimable

  12. Et bien tu vois Karine, quand je lis cet excellent article, je me dis que vraiment, ce qui lui manque c’est l’aide de mes petites huiles essentielles. Elles agissent sur les gens « à leur insu » alors qu’ils les respirent, elles les aident à voir le verre plutôt plein de vide, à se relaxer quand ils n’y pensent pas, à moins souffrir, à voir la vie sous un autre angle à un moment où tout leur semble bouché.
    Moins se prendre la tête pour la garder sur les épaules…
    http://www.clubequilibrenaturel.com/burn-out/
    Bien amicalement,
    Cécile

  13. Karine, es-tu d’accord pour dire que les limites du burn out sont différentes selon les individus ?
    Et que certains, bien que constamment sur la brèche ne le connaitront jamais, tandis que d’autres – pour mille raisons- en seront affectés ?
    Merci.

  14. Bonjour Karine

    Difficile de faire faire autre chose car trop fatigué…

    Difficile de faire autre chose car ce qui les tient attaché à leur travail…est toujours là…

    1er exemple :
    Récemment, j’ai conseillé à un ami de se reposer car très fatigué, palpitations, oppression, insomnies…
    Il a persévéré…

    Comme cela persistait, il est allé voir le médecin…qui lui a dit la même chose

    Il a pris une semaine de vacances …mais je viens d’apprendre que pendant cette semaine, il donne des coups de mains à des copains, à la famille pour retaper des maisons …en fait , il continue donc de travailler, car c’est son boulot initialement…il est du bâtiment !

    Bilan : dur de se reposer, dur de lâcher pour ces gens
    —————
    2eme exemple
    J’ai reçu en consultation pour un massage un homme…au bout du rouleau.
    S’arrêter pour lui, pas possible : peur de se retrouver seul chez lui, angoisse de ne rien faire…

    Bilan : dur de s’arrêter encore une fois !

    Voilà, c’était 2 témoignages…

    Comme idée d’articles, je verrai bien : qu’est-ce qui les pousse au burn out ?

    Merci Karine de partager ton expertise….A bientot
    Karine…bis

    ps : pas de pluggin  »comment luv » ?
    ps : je viens de t’envoyer un message dans ta fiche de contact ; je ne sais pas si tu avais reçu mon invitation à mon évènement inter blogueurs?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *