Aidants : 8 bons réflexes en prévention

Vous avez pris la décision de vous occuper vous-même, que ce soit par altruisme ou pour des raisons financières (vous n’avez pas les moyens de « déléguer »), d’un proche malade ? C’est très courageux de votre part. Très courageux, car il ne s’agit pas seulement, pour vous, de renoncer à une bonne dose de liberté… Il s’agit aussi de vous soumettre à un stress constant, qui risque de vous entraîner vers un épuisement que vous ne soupçonniez pas : le burn-out. Vous pouvez, pour comprendre le mécanisme qui opère alors, vous référez au billet sur ce thème. Quoi qu’il en soit, mon rôle en tant que spécialiste du phénomène, est avant tout de vous aider à garder la tête hors de l’eau. Voici donc 8 bons réflexes que tout aidant devrait faire siens, afin d’éviter de s’épuiser.

1. Identifiez ce qui, dans la situation, est stressant pour vous.

Dans une même situation, les sources de stress sont différentes d’une personne à l’autre. En tant qu’aidant, vous êtes par exemple plus sensible que d’autres à l’attente de résultats d’analyse. Ou à l’agressivité de la personne que vous soutenez. Ou à votre obligation de refuser certaines sorties. Ou au fait de l’accompagner à ses rendez-vous médicaux. Ou à… ou à… les causes de stress, pour les aidants, sont légion.

Toujours est-il qu’il semble essentiel d’identifier le ou les élément(s) qui, VOUS, vous stresse(nt) particulièrement. Cela vous permettra de prendre un certain recul, d’abord, et surtout de demander de l’aide sur ces points précis : une discussion avec un médecin qui vous expliquera le lien entre le fait que votre père ait désormais perdu toute retenue en public et sa maladie ; un autre membre de la famille qui pourra prendre le relais lorsque vos amis vous proposeront un dîner ; votre frère qui se chargera des démarches juridiques pour une mise sous curatelle, etc.

2. Conservez une certaine distance avec votre proche malade.

Aider un proche, c’est bien. Mais, aussi profond soit votre amour pour cette personne,  attention à ne pas fusionner avec elle ! Gardez bien à l’esprit que vous n’êtes pas responsable de SES actes. Vous pouvez l’aider autant que vous voulez (à condition, nous le verrons par la suite, de ne pas vous négliger vous-même !), mais n’endossez pas la culpabilité de tous les « ratés » que son comportement ou ses paroles peuvent générer. Votre mère se met à insulter, sans raison, des personnes dans la rue ? Vous avez beau être en train de pousser son fauteuil, ce n’est pas vous qui vociférez.

3. Entourez-vous de personnes sur lesquelles vous pouvez compter.

Ne restez pas seul(e) face à la maladie de votre proche ! Dans la mesure du possible, créez-vous une sorte de « réseau » auquel vous pourrez faire appel (notamment si vous avez besoin de « prendre l’air »). Une amie de votre frère malade, la sœur de votre mère souffrante… mais aussi tout un panel de professionnels de la santé en qui vous avez toute confiance et qui savent se rendre disponibles si nécessaire. Il faut qu’ils vous semblent capables à la fois de vous dire les choses, de vous rassurer au besoin et de vous conseiller avec brio.

Et surtout, surtout, apprenez à accepter l’aide qu’on vous propose ! Même s’il est parfois plus facile de refuser (vos raisons sont sans doute excellentes !), notamment lorsqu’on commence à réellement s’ « engluer » dans la situation, il faut dire OUI (et parfois merci).

4. Consultez, vous aussi, un médecin.

Forcez-vous à consulter tous les 6 mois, même sans symptôme de maladie apparent, votre médecin de famille. Il est important, en situation de stress, de faire le point régulièrement sur votre santé, tant physique que psychique. Alors d’accord, vous en avez ras-le-bol de courir les docteurs. Mais prenez-vous par la main : cette fois, il s’agit de VOUS !

5. Rejoindre un groupe de parole

groupe-parole-burn-outCôtoyer d’autres personnes dans la même situation que vous peut être extrêmement bénéfique : échanges d’expériences souvent enrichissants, partage de vos problèmes, doutes, questionnements, mais aussi participation à des conférences ou à des ateliers de formation spécifiques ayant vocation à fournir de nouveaux outils aux aidants…

Tout n’est pas résolu, bien sûr. Le simple fait de parler et de savoir où trouver, le cas échéant, quelques pistes de solutions à des difficultés très concrètes, également vécues par d’autres, a pourtant une valeur inestimable !

6. Restez en contact avec les personnes qui vous sont proches.

Impératif : gardez-vous de couper les ponts (sous prétexte que vous êtes sans cesse occupé(e) par votre qualité d’aidant ou que vous craignez de parler de votre situation) avec famille et amis proches. Non, il n’y a aucune raison de ne plus voir votre meilleur(e) ami(e) pour votre traditionnel café (ou bowling) du vendredi : aménagez au besoin les modalités (voyez-vous dans un lieu plus proche du domicile de votre proche malade) mais ne faites surtout pas une croix dessus !!!

7. Parlez de votre situation à votre employeur et à vos collègues.

Depuis que vous êtes aidant, vous avez étrangement perdu de votre souplesse au travail. Mais vous n’avez rien expliqué… Vous refusez pourtant de donner un coup de main pour ranger les tables après un pot de départ, vous filez en douce à 17h00 pétantes au lieu d’accepter des heures supplémentaires, vous êtes seul(e) contre tous lorsque votre employeur propose un nouvel emploi du temps pour vos collègues et vous… Attention, vous vous forgez une sacrée réputation !

Et si vous parliez ? Pensez-vous vraiment qu’on vous tiendrait rigueur de votre attachement aux horaires si l’on connaissait votre rôle d’aidant auprès de votre père ? N’imaginez-vous pas que, loin de vous blâmer, l’on essaierait plutôt de vous faciliter la tâche ? Tentez, et vous verrez…

8. Conservez de l’espace pour vous.

Bien sûr, vous ne pouvez plus tout faire comme « avant ». Bien sûr, des sacrifices en termes d’activités sont nécessaires. Mais n’oubliez pas pour autant de prendre soin de vous ! Si un burn-out venait à vous happer, vous ne seriez plus d’un grand secours à votre proche malade !!! Pour pouvoir l’aider sur le long terme, il faut avant tout que vous, vous soyez en forme et en phase avec vos envies (au moins avec quelques-unes !). Non, vous n’êtes pas supposé(e) être désormais dispo 24h/24 pour autrui. Vous aussi, vous existez. Une évidence que beaucoup d’aidants ont une fâcheuse tendance à oublier…

Nager vous fait du bien ? Alors zou pas d’hésitation nagez !!!!

 Karine

Vous êtes aidant (ou non !) et avez un autre conseil à formuler ? Vous souhaitez témoigner de vos difficultés ? Notre blog est ouvert à vos commentaires…

 

Une réflexion au sujet de « Aidants : 8 bons réflexes en prévention »
  1. Excellent article, encore une fois. En tant que coach pour des personnes victimes d’une rupture, me sens amplement concernée. La séparation du couple est parfois l’effet d’un burn out.

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