6 conseils pour parler de votre situation à votre conjoint

Burn-out: en avez-vous parlé à votre conjoint?

Fatigué(e), irritable, stressé(e), nouvellement accro à votre petit verre de midi… Voilà que les symptômes du burn-out s’attaquent à vous. Vous lisez notre blog, alors vous les connaissez bien, ces témoins de l’épuisement professionnel ! Ne les laissez pas se développer : le burn-out, s’il a des répercussions sur votre vie professionnelle, peut aussi gangréner votre petite famille. Non, il ne va pas gâcher tout ce que vous avez construit ! Résistez ! Pour votre salut et, nous osons le dire, pour celui de votre couple, commencez par en parler à votre moitié. C’est difficile, d’autant que votre épuisement professionnel vous a logiquement privé(e) de toute envie de communiquer. Mais on ne vainc pas un burn-out sans l’aide de son(sa) cher(chère) et tendre. Burn-out : en avez-vous parlé à votre conjoint ?

Le burn-out : parler quand on a juste envie de se taire.

Parmi les symptômes de l’épuisement professionnel, il y a le repli sur soi. Vous évitez les réunions, fuyez vos collègues et, à la maison, avez de plus en plus de mal à supporter enfants et conjoint. Ils vous parlent ? Il faut bien répondre mais, à trop se forcer, on en devient agressif. Quelle utilité, alors ? Alors vous rentrez plus tard du boulot (où vous avez été aussi improductif(ve) que possible) pour que petits et grands soient déjà couchés. Aussitôt, à la maison, vous vous isolez sur ordis et autres tablettes. La télé, elle aussi, a bon dos. Vous regardez n’importe quel programme abrutissant, pourvu qu’on vous laisse tranquille. Non que vous détestiez votre famille (les symptômes de burn-out se déclenchent plutôt mais pas que..dans le cadre de la vie professionnelle des individus), mais parce que votre tête est ailleurs… ou nulle part.

C’est pourtant par l’échange que votre burn-out peut se résoudre. Première chose à faire, donc : vous forcer à parler de votre problème. Pour gagner contre le burn-out qui avance ses pions en vous, il vous faut vous y résoudre.

Un petit – non, que dis-je, un monumental ! – effort est nécessaire.

Votre conjoint : soutien indispensable et souvent déterminant pour sortir du burn-out

burn-out 6 conseils pour échanger avec son conjointQui, mieux que votre conjoint – qui normalement vous aime et, paradoxalement, vous connaît comme s’il (elle) vous avez fait(e)  – pourrait être apte à vous aider ?

Un professionnel, certainement. Mais lui-même vous dira que le dialogue avec votre moitié, ne serait-ce que pour qu’elle vous soutienne, est indispensable et, souvent, déterminant. Cela lui permettra aussi, soit dit en passant, de vous pardonner votre morosité actuelle !

Il (elle), en se renseignant sur ce dont vous avez besoin, prendra ainsi le temps de vous apporter une réelle écoute, d’essayer de vous comprendre, de partager vos craintes et vos émotions, d’éclairer vos raisonnements (si tant est que vous en ayez encore)…

Il (elle) sera aussi, peut-être, la personne capable de vous mettre tout simplement face à votre problème et de vous permettre de l’accepter. Vous lui parlez tristesse constante, repli sur vous, mal-être au travail, irritabilité déraisonnable… votre conjoint mettra peut-être le doigt (et les mots) sur ce que vous redoutez sans vous l’avouer : « Chéri, tu ne ferais pas un burn-out ? ». Une phrase, une seule, qui vous frappera en plein visage, mais sans doute de façon salutaire. Vous le pensiez, on (et pas n’importe qui) vous le confirme. Peut-être ne réagirez-vous pas immédiatement : les personnes en burn-out ont tendance à avoir besoin de temps pour reconnaître le phénomène.

Mais votre problème ayant été, en quelque sorte, « validé » par votre entourage le plus proche, sur le soutien duquel vous pourrez désormais compter, vous pouvez désormais « légitimement » commencer à vous soigner.

Comment aborder le sujet burn-out avec votre conjoint ?

  1. Choisir le moment opportun. Enfants au lit, conjoint disponible… Il faut que vous ayez 1 heure devant vous, sans risque d’être interrompu(e), pour initier le sujet et que cela puisse être productif. Lancer, entre le fromage et le dessert et alors que vos enfants sont encore à table et qu’il va falloir, dans un instant, vérifier le brossage de leurs dents, un « Tu sais, chéri, je crois que je commence un burn-out ! » risque de ne pas mener à grand-chose dans l’immédiat… Dans le même ordre d’idée : coupez le téléphone !
  2. Expliquez à votre moitié qu’elle n’est en rien responsable de votre état. Cela la déculpabilisera d’emblée, lui permettant, ne se sentant pas en cause, d’être d’autant plus à votre écoute.
  3. Parlez franchement. Si vous parvenez à aborder le sujet, bravo ! Une 1ère étape de taille est franchie. Autant, maintenant, y aller franchement. Dites tout ce qui vous passe par la tête ! Problèmes au travail, ennuis d’ordre relationnel avec certains collègues, peur d’être licencié(e), maux de ventre depuis 2 mois… Passez tout au crible, qu’il s’agisse de craintes, de pression réelle ou imaginaire, de douleurs physiques.
  4. Laissez vos peurs de côté. Dans cette histoire, votre cher (chère) et tendre n’est pas là pour vous juger, mais pour vous aider ! Tenez-vous le pour dit et n’ayez pas peur de ce qu’il (elle) pensera de vous. Certes, votre sentiment d’échec est omniprésent. Ce n’est pourtant pas parce que vous le ressentez qu’il est rationnellement justifié : non, vous n’êtes pas un(e) looser (looseuse ?) aux yeux de ceux qui vous aiment ! Juste une personne formidable qui traverse une mauvaise passe.
  5. Faites-lui confiance. Le simple fait que vous osiez parler de vos faiblesses actuelles prouvera à l’autre la confiance que vous placez en lui (elle). Mais allez plus loin ! Dites-lui à quel point vous avez besoin de son aide. Lui montrer que vous êtes conscient(e) de ce qui vous arrive vous permettra, au passage, de régler bon nombre de vos disputes actuelles. Et des dossiers qui trainaient entre vous depuis des mois pourraient bien être définitivement refermés.
  6. Soyez convaincu que son soutien est important. Vos problèmes, certes, n’ont rien à voir avec votre conjoint : c’est votre travail que vous ne supportez plus ! Votre moitié n’a donc aucune influence directe sur les causes de vos maux (à moins, bien sûr, qu’elle ne soit votre supérieur(e) hiérarchique…). Soyez certain(e), toutefois, que son écoute et sa compréhension sont absolument primordiaux pour sortir de votre burn-out.

Venez partager avec nous la façon dont vous avez échangé avec votre conjoint sur votre situation

à bientôt

Karine

 

12 réflexions au sujet de « 6 conseils pour parler de votre situation à votre conjoint »
  1. Bonjour Sylvain,
    En parler à ses enfants est très important. Les enfants se sentent souvent responsables de ce qui ce passe. Il faut donc leur parler, leur expliquer avec des mots simples ce qui se passe. Se montrer dans sa vulnérabilité ou expliquer celle de l’autre parent. Il faut trouver les mots et le moment. Pas toujours simple quand soit même on ne sait pas ce qui se passe pour soi ou pour l’autre. de tout coeur avec vous. Karine

  2. Bonjour,

    Merci de vos commentaires qui m’incitent à vous faire part de mon expérience. Il y a 3 mois, j’ai fait un « burn out » qui devait couver depuis plusieurs mois sans que je m’en rende compte. Je sais à présent ce que signifie « péter un câble », plus précisément être à côté de soi, absente aux évênements, aux autres, dans l’incapacité de réagir, se sentir dans la culpabilité, comme étant incapable d’assumer son travail, d’affronter les difficultés, ect…et de ne pas comprendre et mettre des mots sur ce qui se passe. J’ai eu de sérieux troubles alimentaires, moi qui suis sportive et plutôt bonne vivante, je ne me reconnaissais plus ! C’est une psychologue qui m’a permis de comprendre et mis un mot sur ce que je traverse : BURN OUT ou ultra surmenage, ultra saturation professionnelle. Une découverte ! Par ailleurs, mon ami m’a beaucoup soutenu au début, car j’étais incapable de répondre à ses sollicitations, de communiquer, ne pensant qu’à rester seule…nous nous sommes séparés, notre couple traversant une période difficile depuis plusieurs mois, tout cela a fini par user sa bonne volonté. Je prends un traitement médicamenteux, nécessaire pour se remettre en marche mais insuffisant si l’on n’est pas suivi sur le plan psychologique pour mieux comprendre pourquoi c’est arrivé et à l’avenir changer son regard sur le travail, et/changer d’employeur et ne pas rechuter. Aujourd’hui, je me sens fragilisée même si j’ai repris pied dans le quotidien et mes diverses activités.. Je vous souhaite un bon courage, comme je me le souhaite aussi.

  3. Bonjour
    J ai fait un burn out il y a 3 ans.
    La chute a été violente.
    Le parcours à été long.
    Une procedure est en cours contre mon employeur.
    Malheureusement je suis tres pessimiste sur l aide que peut vous apporter un conjoint. Le mien est saturé. Il n a jamais été cette épaule la. J etais l élément fort du couple sans m en rendre Compte et quand j ai sombre ma famille a sombré.
    Aujourd hui j ai une rancoeur pour mon mari du fait qu il n ait pas été a la hauteur.
    Peut être qu une issue heureuse a ma procedure me libérera et donnera un nouveau souffle mais je ne suis pas Tres optimiste.
    Je lis partout que c est dur pour la famille si impuissante etc… Mais c est en premier lieu dur pour la personne qui me
    Vit, qui se bat et doit sans cesse expliquer son mal-être

  4. Bonjour Karine,

    Je connais un couple où la femme, suite à un licenciement à cause d’une restructuration de sa société, a fait une dépression et son conjoint ne s’est pas rendu compte que sa femme était tellement déprimée qu’elle avait songé à s’enlever la vie… Triste histoire.

    Pourtant, ce sont plutôt les hommes qui cachent ce qu’ils vivent plus que les femmes.

    Ce qui n’est pas évident c’est que même si on doit en parler à son conjoint, celui-ci ou celle-ci a lui-même ou elle-même ses propres sources de stress et compose peut-être difficilement avec ce qu’il ou ce qu’elle vit déjà. Et ceci va en rajouter à son propre stress…

    Comment éliminer le mauvais stress ou le burn-out? Faire des lois qui les interdisent?

    Un peu d’humour à défaut d’avoir de solutions magiques…

    Sco!

  5. Sylviane,
    Effectivement l’échange, la communication sont importants pour se remettre sur pied plus vite et mieux. Quand on est célibataire ou que son conjoint est aux abonnés absents il ne faut pas hésiter à parler à un ami, à un membre de sa famille en qui on a confiance. Bravo tu as pu te sortir de ta dépression – une épreuve difficile surtout quand on est seule. @+ Karine

  6. Bonjour, karine,

    Quand j’ai fait ma dépression en 1977, je me suis retrouvée pendant 3 jours à regarder le mur de ma chambre et mon mari par vraiment psychologue ne s’est aperçu de mon état que parce que les enfants s’inquiétaient vraiment, moi pas, je ne me rendais pas compte

    J’ai tout gardé pendant des mois, le dialogue n’existait pas du tout entre ma moitié et moi et aujourd’hui je me rends compte que la chance était de mon côté car finalement sans parler avec personne (à part le psy qui était en pire état que moi ! il est aujourd’hui enfermé!!!) la pente a été vraiment longue à remonter mais je m’en suis sortie.

    C’est un conseil tout à fait judicieux que tu donnes : il est essentiel de parler, d’échanger quand c’est possible car malheureusement parfois l’autre ne comprend rien

  7. Autre chose que j’oubliais, ne prêtez pas attention aux personnes qui pourraient penser que vous n’êtes pas vraiment très mal en point. Vous êtes vous honnête et droit. Le burn-out est un syndrome qui n’a rien à voir avec être un tir au flanc soyez en sur. Il plaque au sol les cœurs vaillants et les plus forts d’entre nous. Karine

  8. Bonjour Eric,

    Merci d’avoir partagé votre situation avec nous. Votre épouse à bien fait de vous pousser à aller voir le médecin :). Votre situation professionnelle et personnelle sont intimement mêlées cela doit être effectivement difficile de faire la part des choses et de poser des limites. Pour vous taquiner un peu je dirais qu’il n’y a rien d’étonnant à votre situation si aujourd’hui 2 personnes qui j’imagine ne chôment pas font le travail que vous faisiez avant tout seul !!! n’en faisiez-vous pas 2 fois trop 😉 ?
    La question que je vous poserais serait celle-ci : que pourriez-vous faire pour vous rendre utile et cessez de culpabiliser si ce n’est vous remettre sur pied le plus vite possible ? Un incident cardiaque pour cause de surmenage –bof pas terrible, un accident du travail et une jambe dans le plâtre plus tard, pas mieux. Ces risques existent bel et bien donc ne jouez pas avec votre santé. Votre travail durant votre arrêt maladie c’est vous et faire en sorte de vous reconstituer. Reposez vous, faites vous plaisir, chose que l’on oubli ou que l’on estime ne pas mériter quand on fait un burn-out (mais fuyez les alcools et autres « remontants » toxiques). Si vous faite du sport et bien ne lâchez pas. Votre épouse est votre soutien ne vous privez pas de cela en vous éloignant sauf si cela vous fais vraiment du bien ou partez tous les 2 si vous le pouvez, un petit week-end de break lui ferait certainement du bien à elle aussi. Faites vous accompagner c’est vraiment important pour aller mieux plus vite et de façon plus stable dans le temps. Une fois remis sur pied vous pourrez alors commencer à vous questionner sur les raisons qui vous ont conduit à cette situation et comment y remédier, dimensionnement, organisation…. Une vraie discussion avec vos associés s’avérera peut-être nécessaire ne pensez-vous pas ? J’insiste sur le fait que l’on ne fait pas un burn-out tout seul dans son coin et sans raison ; ce n’est pas lié à vous mais à vos conditions de travail et peut-être aussi de vie (ici les 2 ne font qu’un semble-t-il). Je suis avec vous de tout cœur, pour l’avoir vécu je comprends ce que vous traversez – vous allez en sortir – le tunnel sera d’autant plus court que vous prendrez soin de vous – à bientôt amicalement Karine 🙂

  9. C’est vrai que le conjoint est important . C’est ma femme qui début janvier m’a trainé chez notre médecin et l’a aidé pour que j’accepte ce premier arrêt de travail de 3 mois.
    Mais ma difficulté aujourd’hui est que nous vivons sur notre lieu de travail. Que ma femme travaille aussi là. Ce sera pus explicite si je vous explique que nous sommes agriculteurs, et que nous sommes associé avec un autre couple sur cette ferme. Autre difficulté, nous vivons sur place.
    Des problèmes relationnels existent sur la ferme entre les associés et aussi les salariés (il a fallu embaucher 2 personnes supplémentaires pour me remplacer en plus des 2 salariés déjà sur place)…
    Bref malgré, je suppose, les efforts de ma femme, les problèmes professionnels me reviennent aux oreilles et je n’ai plus l’impression d’avancer dans ma remise sur pied. Je repars sur la culpabilité de ne rien faire alors que les autres se démènent.
    Je suis parti quelques temps dans ma famille pour faire un break mais cela me donne l’impression de fuir mes problèmes er de ne pas y faire face.

  10. Bonjour Karine,
    La clef est dans la prise de conscience individuelle de ce qui se passe pour soi et dans l’acceptation. Les effets sur l’état de santé peuvent être tels que vous n’avez pas le choix que de vous poser les bonnes questions et d’interroger ce qui se passe. Après un incident cardiaque, une maladie auto immune ou un effondrement lié à la fatigue vous n’avez plus le choix. Inutile de préciser qu’il vaut mieux s’interroger avant d’en arriver là 🙂 Pour certains le temps est nécessaire pour d’autres le déclic peut arriver par la lecture d’un magazine, d’un blog, par un conjoint, un collègue ou ami qui vous renvoi votre réalité. Quant à la culpabilité elle renvoi souvent à l’échec ou à la sensation d’échec perçu, c’est là qu’il faut mettre le focus. Je conseille à tous le très bon livre « Apprivoiser sa culpabilité » de Catherine Aimelet –Périssol et de Aurore Aimelet – Albin Michel. A bientôt Karine

  11. Bonjour Karine
    Qu’est ce qui va faire que la personne touchée par un burn out va accepter son état ? Est ce uniquement le temps ou ???
    En tant que conjoint, on peut se poser cette question.

    Comment l’aider à se déculpabiliser ?

    Merci de votre éclaircissement.

    Bonne journée
    Karine

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