Serez-vous responsable du burn-out de vos enfants?

Burn-out: quand le travail ne fait plus sens!

Nos chères têtes blondes ont fait leur rentrée des classes. Parce qu’en tant que parents, nous avons à coeur la réussite de nos enfants, nous allons tout au long de l’année leur répéter « Travaille bien à l’école… Apprends bien tes leçons… Sois sage… Ecoute ton prof… ». Bref. Nous allons leur chanter la musique de la perfection évaluée à la lumière des bulletins et autres carnets de notes ! Et si cette quête de l’excellence, certes motivante pour certains, n’était qu’une course effrénée vers un burn-out programmé ?

L’école : au service du burn-out ?

La question est abrupte, mais mérite d’être posée. Et si ce n’est l’école, c’est peut-être le comportement des parents. Vous ? Moi-même ? Et nos propres géniteurs avant nous.

Beaucoup font en effet, de la « réussite » de leurs enfants, leur cheval de bataille et ce, dès leur plus jeune âge. Ils n’ont alors pas conscience du formatage et des rails sur lesquels ils les conduisent ! Devenus adultes et salariés, ceux-ci ne feront finalement que troquer leurs bulletins trimestriels contre leurs Entretiens Annuels d’Evaluation (Entretiens qui, pour les plus chanceux, seront même semestriels voire trimestriels ! Waouh !).

C’est l’avenir de nos enfants, et c’est notre présent. L’école est loin. Mais notre performance est pourtant toujours évaluée et disséquée. Il ne s’agit plus de passer en classe supérieure mais de décrocher une promotion, une augmentation, un bonus. Tout au long de l’année, nous déployons des trésors d’énergie, d’inventivité et d’excellence pour atteindre les objectifs fixés (On ne comprend d’ailleurs pas toujours très bien comment ils le sont !). Il ne s’agit plus de ramener un bon bulletin pour faire plaisir à maman. Il faut (même s’il ne suffit pas toujours – c’est décevant !) donner satisfaction à son manager, à son entreprise.

Une course logique – puisqu’on nous a expliqué, dès l’enfance, qu’elle était essentielle – mais qui tient finalement peu compte de nos véritables et profondes aspirations. C’est souvent dans cette brèche, dans ce manque de considération pour nos propres besoins, que se glissent les prémices du burn-out.

 Depuis quand votre travail ne vous donne-t-il plus satisfaction ?

Satisfaire sa hiérarchie, c’est bien. Mais la question est cruciale : votre travail vous donne-t-il, à vous-même, satisfaction ?

Depuis 15 ans que vous avez fait carrière et gravi les échelons chez « Meilleurdelaclasse SA », vous n’avez sans doute plus la même motivation, la même énergie pour foncer au travail le matin et relever avec passion les challenges qui vous portaient autrefois. Simple essoufflement, ou burn-out en perspective ?

 Burn-out, en parler ? Mais à qui ?

A votre manager ? A votre DRH ? Pas très conseillé, selon vous, quand on fait partie, à votre image, du vivier des « hauts potentiels » (« HP » pour les initiés… et rien en commun avec Hôpital Psychiatrique pour les ignares !!! ;)) ou que l’on brigue un nouveau poste. Alors, depuis 6 mois, vous vivez ce malaise en silence. Il grandit jour après jour, les vacances n’y ont rien fait ; d’ailleurs, vous êtes toujours aussi patraque (symptôme du burn-out!) après 3 semaines de bronzing bien méritées.

burn-outDes idées noires apparaissent… à quoi bon tout cela… pourquoi me battre tant pour décrocher le contrat « jesuisunhéros »… tout ceci n’a pas de sens… Votre manager est pourtant du genre sympa et compréhensif (si si, ça existe, mauvaises langues !) et il ne vous met pas particulièrement de pression. Alors que se passe-t-il ? Le burn-out serait-il en train de faire son chemin ?

 Saviez-vous que la perte de sens est l’une des causes du burn-out ?

Une grande majorité d’entre nous recherchent avant tout, dans le travail, ce qui leur permet de se réaliser, de développer leurs talents et de s’accomplir.

Estelle M. Morin, dans la préface de « La quête du sens » [1], retient 3 idées maîtresses concernant le sens que nous donnons au travail :

  1. Travail = activité « productive » : il permet à l’individu de créer et d’accomplir ce qu’il a en lui ;
  2. Travail = activité « relationnelle » : il contribue à la création du lien social et au développement de l’identité ;
  3. Travail = activité « structurante » : il permet d’échapper à l’angoisse du vide.

Hou là, là ! Certains regrettent d’avoir séché les cours de philo sur les existentialistes ? Pas d’inquiétude les symptômes du burn-out n’étaient pas au programme de toute façon.

Il est temps pour vous d’appeler vos parents et de leur demander s’ils étaient au courant de tout cela… Car, très sincèrement, personne ne vous avait, jusqu’à aujourd’hui, expliqué clairement en quoi aller à l’école jadis (bon, d’accord, vous n’êtes pas si vieux), et au travail maintenant, pouvait avoir une importance pour la construction de votre identité, de votre moral et de votre bien-être.

Toujours est-il que le constat est là : si le travail permet de se structurer, il peut aussi fort bien, lorsqu’il n’est plus vécu comme jouant ses 3 rôles, « déstructurer », si l’on peut dire. Et, vidé de son sens, conduire à un réel épuisement professionnel, alias burn-out.

Vous vous sentez concerné par cette baisse de régime ? Sachez prendre très vite votre problème à bras le corps pour lui couper l’herbe sous le pied. Il ne se résoudra pas tout seul et, en l’absence de réaction de votre part, pourrait bien s’aggraver. En réagissant tôt, vous éviterez un burn-out !

Karine BRANGER

[1] « La quête du sens » –  Les éditions d’organisation – 1996

2 réflexions au sujet de « Serez-vous responsable du burn-out de vos enfants? »
  1. Bonjour, bon article et question à laquelle j’avais déjà longuement réfléchi. Bravo pour votre analyse. Un seul regret: le titre. Certes accrocheur mais trop dur, injuste et participant à l’oppression de la société sur les parents, responsables potentiels de tous les maux de leur progéniture. Je suggèrerais de dire « Contribuerez-vous au burn out de vos enfants » ou « serez-vous un des facteurs du BO de vos enfants » ou « la relation aux résultats scolaires, facteur de risque du burn out des adultes? »
    Bien à vous
    Véronique

  2. Article très instructif sur le lien entre nos bonnes notes à l’école et notre besoin de reconnaissance au travail ! Il serait intéressant d’interroger les « cancres » pour savoir s’ils gèrent mieux leur satisfaction au travail !

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