Quand les préjugés ont la vie dure!

Le burn-out: une excuse toute trouvée pour des fainéants qui refusent de travailler.

 Le burn-out a bon dos, aujourd’hui. Qui ne connaît pas quelqu’un qui en est victime ?  Et si sous ces avalanches de burn-out se dissimulaient habilement, en réalité, des montagnes de fainéantise? Car oui, l’épuisement professionnel tient le haut de l’affiche dans les médias. Et l’on peut ainsi s’en saisir de plus en plus facilement pour se soustraire à certaines contraintes de la vie. Désormais, se montrer épuisé professionnellement semble un peu trop bénéfique…

Burn-out: quelle belle excuse – préjugé N°1

La constatation semble évidente : un employé baisse en performance ? Il est manifestement incompétent ? La faute au burn-out, bien entendu. C’est lui aussi qui est invoqué lorsqu’il s’agit d’expliquer un manque de motivation, un refus de s’impliquer pleinement dans des projets ou, tout simplement, de faire correctement son travail.

L’excuse est également excellente lorsqu’il s’agit de rendre son employeur responsable de sa propre faiblesse, d’un problème individuel que l’on met – facilité oblige – sur le compte de l’entreprise. On peut être fragile et ne pas tenir la pression… mais rejeter la responsabilité de cet état de fait sur autrui semble parfaitement abject. A moins qu’il ne s’agisse d’une vengeance suite à un refus de promotion ou d’augmentation ?

Burn-out: se faire licencier et partir avec des indemnités – préjugé N°2

Certains vont même jusqu’à accuser leur employeur de harcélement afin de créer les conditions nécessaires à un licenciement négocié… Chèque de départ et indemnités chômage à la clé, bien sûr, pour nombre de personnes légèrement lasses, dont la seule idée était de s’offrir quelques mois de congés aux frais de leur ex-entreprises et de l’Etat. Du burn-out arnaque dans toute sa splendeur.

Burn-out: de la comédie – préjugé N°3

Les gens « victimes » de burn-out ne seraient-ils pas simplement d’excellents comédiens ? Des simulateurs en puissance soutenus par la complicité des médecins et des médecins du travail ?

burn-outPourquoi tout ce remue-ménage autour du burn-out ? Pourquoi cet engouement des médias pour le phénomène alors que d’autres sujets semblent bien plus graves ? Il n’y a pas si longtemps, la semaine comptait 45 et non 35 heures de travail. Un travail dans des conditions, par ailleurs, bien plus difficiles qu’aujourd’hui ! C’était dur, mais l’on prenait sur soi : il fallait bien nourrir sa famille. Oui, le burn-out est un phénomène occidental. Une sorte d’acquis social de ceux qui ont un travail et, quoi qu’il arrive, à manger tous les jours. Lorsqu’on trouve un emploi, on gagne, d’une certaine manière, un « droit au burn-out » : la société le reconnait et l’indemnise. Mais qu’en est-il de ceux qui, justement, cherchent en vain un travail ? Ne sont-ils pas en droit de considérer que des personnes ayant un emploi n’ont pas à se plaindre ? Qu’elles devraient être heureuses : beaucoup, au chômage, rêveraient d’être à leur place…

Burn-out et réalité sans préjugés

A leur place ? Mais à quelle place ? A celle de l’employé qui tremble le matin en se levant à l’idée de retrouver ses collègues-bourreaux ? A celle de celui qui ne dort plus la nuit depuis des mois, tant son employeur lui demande de sacrifices personnels ? A celle de la mère célibataire qui, certes pour nourrir ses enfants, est obligée d’accepter les sous-entendus sexuellement douteux de son supérieur hiérarchique ? Rien d’enviable ni d’imaginaire, à vrai dire, dans tout cela. Et de réels traumatismes. Les personnes victimes de burn-out entendent pourtant toutes les mêmes insinuations : l’épuisement professionnel serait une excuse toute trouvée pour des fainéants qui refusent de travailler.

Oui, la démonstration « personne en burn-out = fainéant » est facile – nous l’avons faite – mais trop facile, trop évidente, trop entendue. Trop bêtement triste et dénuée d’humanité. Une humanité qui pourrait commencer par la confiance : celle qui ne fait pas systématiquement douter de la souffrance d’autrui mais qui donne envie de la comprendre et d’y remédier.

Dans ce billet, j’ai souhaité « frapper » plus fort qu’à l’ordinaire. Mon but ? Faire écho aux personnes en souffrance que j’accompagne… et qui entendent ce genre d’inepties à longueur de journée. Au lieu de les aider à s’en sortir, l’image qu’on leur colle à la peau les culpabilise et les enfonce encore un peu plus.

Votre opinion, à ce sujet, nous intéresse tout particulièrement. Merci de nous la faire partager sur notre blog !

Karine Branger

4 réflexions au sujet de « Quand les préjugés ont la vie dure! »
  1. Bonjour,

    J’aimerai quitter mon entreprise car franchement je suis débordée et les valeurs humaines zéro. Hors moi elles sont super importantes, je me suis perdue er je veux me retrouver libre. Comment faire pour négocier avec eux en sachant que je suis dans la grande distribution , que la rupture conventionnelle , il n’en veulent pas. Arrêt de maladie à répétition afin de partir car trop couteuse quoi…. afin juste d’avoir mes indemnités de chomage je m’en fiche des prime ou autres. Car je fais du développement personnel à coté et donc tout ca ne me correspond plus.

    Merci de me lire et de me répondre, cdt.

  2. après plusieurs mois darret suite a un épuisement j ai repris le travail contre l avis de mon médecin et maintenant je résiste a tout les sous attendu mail nenacant aux réunions tardive plus particulièrement celle du vendredi 18 h qui vous demande d assurer le week end … sur vos jours de repos etc etc
    je résiste mais jusqu a quand,,,,,,,,les idées noires la manque de sommeil etc etc … et pourtant j aime ma boite …. plus de 20 ans de bons services

  3. Bonsoir Aurelie,

    merci de votre commentaire 🙂 Mes voeux vous accompagnent dans vos projets. Karine

  4. Bravo pour cet article, très juste !
    J’ai vécu un épuisement professionnel il y a quelques années, et j’ai quitté depuis mon entreprise en conscience, souhaitant enfin développer un projet professionnel en phase avec mes valeurs, mes affinités et mon besoin d’équilibre vie pro et vie perso.
    J’ai le statut (choisi et assumé) de demandeur d’emploi et n’envie en rien les quelques personnes salariées autour de moi qui vont à reculons tous les jours au boulot supporter un métier, un supérieur, des collègues qui ne leur correspondent pas ou plus.
    Bravo pour votre action Karine !
    @AurelieAutran

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