Sortir du burn-out, c’est accepter ses propres limites.

Burn-out: no limit?

Savez-vous qui, dans l’entreprise, est le plus touché par le burn-out ? Réponse : les plus investis,  les plus « adaptables », les plus performants professionnellement parlant. Paradoxal, de prime abord. Mais à y regarder de plus près, le phénomène s’explique assez facilement. Petit tour d’horizon dans l’univers des surmotivés-surépuisés… qui, pour sortir du burn-out, devraient commencer par accepter leurs propres limites !

Plus vite, plus loin… et plus burn-out.

Dans le monde de l’entreprise, la course est désormais effrénée. Il faut être le meilleur, le plus grand, le plus fort… quand il ne faut pas aussi être le plus beau. Il faut s’adapter, toujours s’adapter, et les changements semblent aujourd’hui faire partie du fonctionnement intrinsèque des entreprises. Mais qui dit adaptation au changement, dit stress.

Beaucoup rechignent et traînent des pieds… mais suivent tout de même le mouvement, histoire de ne pas risquer leur place. Cool (ou presque) pour ne pas couler. D’autres, au contraire, se précipitent dans cette course qui semble à chaque instant s’accélérer. Et ce sont souvent ceux qui courent le plus vite en franchissant tous les obstacles… qui se retrouvent à terre ! Ces éclopés du sur-investissement viennent grossir les rangs des personnes victimes de burn-out.

burn-out-limite-stressPourtant, rien ne les prédestinait à un épuisement professionnel : passionnés par leur travail, reconnus pour leurs capacités d’adaptation et confiants dans leurs performances. Finalement tout pour plaire… finalement tout pour plaire au burn-out, surtout !

Car, ne reculant devant aucun défi et habitués à tout réussir, ces personnes se retrouvent prises dans l’engrenage de ceux qui ne peuvent échouer. Ce serait fâcheux pour leur image de marque, bien sûr. Mais c’est surtout quelque chose de tout simplement inenvisageable. Impossible. Absolument stupide, cette idée d’une possibilité de rater ! Alors elles acceptent, acceptent, acceptent, sans jamais suggérer le fait que, quand même, là, ça fait beaucoup. Elles ne veulent en réalité pas admettre que les super-héros n’existent que sur papier ou écran : elles, se voient comme celles à qui rien ne résiste. Tout, elles veulent, elles peuvent tout faire. No limit.

No limit… jusqu’à ce que leurs limites, justement, se fassent sentir d’un coup. Un coup de poing, en l’occurrence, qui les met K.O. sans négociation possible.

Le burn-out se combat à coup de limites acceptées.

Lorsqu’on est un « gagnant », il est bien difficile de reconnaître que l’on n’en peut plus. Et, surtout, qu’il s’agit cette fois de quelque chose de plus grave qu’une fatigue passagère. Un burn-out, souligné depuis quelques temps par ses proches, mais que la personne peine à reconnaître.

Il le faut, pourtant. Son salut passe par là !

Une fois le diagnostic fait, reste à trouver une solution. Celle-ci passe presque inévitablement par un travail d’acceptation, par la victime, de ses propres limites. Elle doit admettre – non seulement dans les mots mais aussi au plus profond de son être – qu’elle ne peut pas tout. Elle doit progressivement faire le deuil d’une certaine image d’elle-même, fondée sur sa résistance à toutes les exigences de sa profession et de ses supérieurs hiérarchiques. Mais cette prise de conscience doit se faire sans que la personne ne se sente pour autant dévalorisée – et c’est là tout l’art des spécialistes qui accompagnent les personnes en burn-out : leur faire accepter leur vulnérabilité pour leur permettre de mieux gérer leur stress et les rendre aptes à dire non lorsqu’il s’agit de se préserver…. en faisant en sorte qu’elles ne se perçoivent pas comme des personnes faibles. Leur performance n’est pas amoindrie, mais elles savent désormais faire attention à elles-mêmes en limitant la pression qu’elles s’imposaient parfois toutes seules auparavant. Et exit le burn-out !

Vous avez du mal à accepter vos limites ? Vous avez connu – ou connaissez – les difficultés qui en résultent ? Venez partager votre expérience du burn-out!

10 réflexions au sujet de « Sortir du burn-out, c’est accepter ses propres limites. »
  1. Bonjour,
    Je me reconnais dans les sensations d’un burn-out. J’ai aimé travailler dans le tress , accepter…. Jusqu’au jour où j’ai dit à mon responsable que je n’en pouvais plus de la diversité des missions. Il m’a répondu que j’étais demotivé ! J’ai continué, jusqu’au jour ou je me suis senti mal et ai fait une crise d’épilepsie. Maintenant je suis traité pour l’épilepsie et je ne supporte plus le stress.
    A votre avis y a t il un lien entre épilepsie et Burn-Out ?
    Merci

  2. Bonjour Rybkine,

    Difficile votre situation en effet et quel courage vous avez démontré, tout cela n’est pas simple à vivre. Ne culpabilisez pas de craquer aujourd’hui, qui ne craquerait pas dans de telles circonstances 🙂 Vous avez fait la première étape en consultant un centre pour les addictions et je vous en félicite. Vous êtes fatiguée, c’est une étape normale votre organisme est épuisé et les batteries doivent se recharger. Vous ne faites pas rien vous vous ressourcez 🙂 accordez-vous des moments de plaisir même tout petits même 5 minutes mais des moments à vous. Reprenez contact avec vos amis/famille avec des personnes qui vont vous faire du bien, rire avec vous, discuter de choses et d’autres. Faites-vous accompagner par un coach/thérapeute qui va vous soutenir et vous aider à remonter la pente c’est vraiment important pour vous. Courage, courage je suis de tout coeur avec vous dans ce passage difficile. La lumière est au bout du tunnel, je peux vous l’assurer 🙂 à bientôt Karine

  3. Bonjour,

    Un super bulot qui me plaisait, une vie bien remplie et l’arrivée d’un enfant, le bonheur quoi !
    sauf que cette belle enfant a déclaré à l’age de 1 an environ une maladie génétique poly-handicapante.
    Durant les 8 premières années, superwoman était bien là : boulot, responsabilités associatives et famille bien sur, tout de front et ça marchait.
    La dégringolade a commencé il y a 3 ans, ma fille avait 9 ans. Avec le temps, le poly-handicap s’aggrave, l’épilepsie envahit tout (jour et nuit : 10 comas en 12 mois), j’arrete mon activité, je ne dors plus, me tourne vers les addictions pour tenir, je m’isole de plus en plus pendant 2 ans environ.
    J’ai accepté de me soigner en contactant un centre de traitement des addictions mais le craquage total a eu lieu il y a 3/4 mois, et le bout du tunnel est si loin que je ne vois pas trop la lumière.
    L’arret de travail….hum, quand on s’occupe de son enfant, quelle forme peut il prendre ?? je tente d’accepter mes limites et de les faire entendre autour de moi. Plutot de l’incompréhension en retour « tu es tjrs fatiguée mais tu ne fais rien et tu dors bcp »…
    Le burn out de l’aidant familial commence a être évoqué pour ceux qui prennent en charge leurs parents agés. pas encore pour ceux qui ont la charge d’un enfant malade.

  4. Hello.
    Je suis volontaire pour témoigner, j’ai été victime d’un burnout il y a maintenant 1 an. J’ai vécu un véritable cauchemard. Vos astuces m’ont permis d’identifier les trais d’un pervers narcissique chez mon supérieur hiérarchique. Le pire de tout dans cette situation, c’est l’isolement. La personne perverse arrive à faire croire à tous vos collègues que le problème vient de vous. J’ai été suivie pendant 1 an, maintenant je vais mieux. J’ai appris à dire non et je connais mes limites. Je pense que c’est une force.
    Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort !

  5. Sylviane,

    effectivement il n’est pas toujours facile de dire non et de ne pas se laisser entraîner par un système auquel nous participons tous volontiers (du moins jusqu’à un certain point). Dans le cas du burn-out c’est le corps qui bien souvent dit non et envoie un message clair mais trop souvent ignoré que la coupe est pleine. Karine

  6. Bonjour,

    merci de votre commentaire 🙂 effectivement le manque de reconnaissance et ne pas se sentir apprécié peut être très mal vécu et conduire tout droit au burn-out. Quand la construction identitaire se fait essentiellement sur la valeur travail et qu’il n’y a personne pour reconnaître le travail alors on peut se sentir nul, en échec constant et c’est là que la spirale commence. à bientôt Karine

  7. Bonjour Jean-Luc
    Merci de votre commentaire très juste. Nous ne sommes pas égaux face au burn-out, le panel des causes est large et le ressenti varie d’une personne à l’autre. Se connaître soit même et identifier ses propres limites permet de mettre en place (quand on le peut) ce qu’il faut pour ne pas se laisser prendre au piège qu’il s’agisse de quantité de travail, de reconnaissance, de sens, de valeurs, de relation ou de conflits. Karine

    ,

  8. Karine, tout le monde n’est pas placé dans la même situation face au burn-out.

    On peut travailler 70 heures par semaine pendant des années et se porter à merveille
    Ou au contraire en faire bien moins et pourtant s’estimer proche du burn-out.

    Qu’en retirer ?

    1) le nombre d’heures ‘est pas le plus important
    2) les questions de reconnaissance, de motivation, d’intérêt au travail, de considération, de récompense (entre autres) sont tout aussi décisives.

    Faire le point sur ces questions permet d’y voir plus clair, de définir ses vraies limites pour mieux… les accepter.

  9. Bonjour Karine,

    Je connais quelqu’un qui travaillait vraiment beaucoup d’heures par semaine (70 et plus) qui aimait ce qu’elle faisait et qui a quitté subitement pendant plusieurs mois en «congé de maladie» sans que je sache exactement de quoi elle souffrait : dépression, burn-out. Peu importe, le résultat est le même.

    Pendant qu’elle était en poste, cette personne déplorait le fait non pas de trop travailler, mais de manquer d’appréciation de la part de son supérieur. Le travail étant une grosse partie de sa vie, elle a fini par craquer… Plus moyen de la récupérer. Elle ne disait rien durant son absence et elle est partie travailler ailleurs…

    Sco!

  10. Bonjour Karine

    Les perfectionnistes aussi sont de bons candidats au burn-out et tu as raison de dire qu’accepter ses limites est le meilleur moyen de ne pas tomber dans la marmite du toujours plus

    Hélas ! notre société occidentale parle davantage du « toujours plus » que du n’allez pas au-delà de vos limites mais c’est aussi à chacun d’avoir suffisamment de confiance en soi pour dire NON

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