Modernisation des violences au travail faites aux femmes!

Burn-out et travail des femmes!

Les inégalités ont la dent dure. Et une dent contre les femmes, visiblement. Dans la vie professionnelle, on sait ce qu’il en est : salaires plus bas que ceux des hommes, retraites de 40% inférieures, violences sexistes et même harcèlement sexuel… rien, dans ce charmant tableau, n’est nouveau. Le combat des femmes contre ces injustices se poursuit, avec parfois quelques succès. Mais aujourd’hui, sous prétexte de modernité, semblent apparaître de nouvelles formes d’inégalités devant le travail, entre hommes et femmes. Celles-ci supportent… mais combien de temps ? Quand les violences faites aux femmes sur le plan professionnel se modernisent, des risques tout neufs de burn-out apparaissent.

MOBILITE : Un retour à la sacro-sainte carrière du mari… et à la dépendance des femmes ?

Oui, depuis la nuit des temps et dans quasiment toutes les civilisations, les femmes ont consacré plus de temps que les hommes à l’entretien de leur foyer et à l’éducation de leurs enfants. Mais les dernières décennies leur ont permis d’entrevoir, elles aussi, la possibilité d’une vie professionnelle. Les inégalités demeuraient, mais l’on était sur la bonne voie… jusqu’à de nouveaux modes de management qui nous font replonger quelques décennies en arrière, à l’heure où les femmes étaient toutes entières acquises à la cause professionnelle de leurs époux, à celle où ce dernier avait pour mission de subvenir, seul, aux besoins de toute sa famille…

Ces dernières années, un mode « moderne » de management est en effet apparu, qui incite beaucoup d’entreprises à troquer carrière contre mobilité géographique. Et bizarrement, c’est souvent aux hommes qu’est proposé cet échange… Madame tombe à l’eau. Qui est-ce qui reste ? Les enfants, bien sûr. Madame, à moitié noyée, remonte donc sur le bateau et, après avoir donné sa démission à son patron, met les voiles pour suivre son mari sur la voie d’une virile promotion professionnelle… à l’autre bout de la France. Et sans emploi pour elle. Heureusement, Monsieur gagne bien sa vie.

L’impact sur la psychologie féminine est alors double : non seulement nombre de femmes sont amenées à faire le sacrifice de l’enrichissement intellectuel et social qu’apporte une profession, mais elles font aussi une croix sur leur indépendance financière (y compris au moment de la retraite) !

Vive l’égalité ! Les violences sont bien là. Burn-out, les entends-tu ?

ADAPTABILITÉ : L’abolissement des frontières entre vie privée et vie professionnelle.

burn-outÇa déborde ! Et pour une fois, ce n’est pas l’eau des pâtes mais la vie professionnelle qui n’en finit plus de s’étaler sur la vie privée. Une réunion de dernière minute… et il faut tout réorganiser pour nos ados en douce folie. Un dossier à boucler durant le week-end… alors qu’une réunion de famille était prévue de longue date. Et à celles qui prétextent un bébé à chercher à la crèche, on répond qu’il faut choisir. Un management on-ne-peut-plus incompréhensif… mais ultra-moderne !, Sur fond, cette fois, non de mobilité mais d’adaptabilité au jour le jour.

Il faut être joignable, tout le temps. Il faut regarder ses mails à chaque instant. Il faut sans cesse revoir son emploi de temps personnel et le sacrifier à celui des clients ou fournisseurs. Il faut… n’avoir plus de vie privée. Le développement des i-phones et autres gadgets de la disponibilité n’y est bien sûr pas étranger.

Là encore, les femmes sont plus vulnérables que leurs compagnons. Pour elles, l’intrusion de l’entreprise dans la vie privée est plus violente car elle empiète sur l’organisation des courses, des repas, des allers-retours pour les enfants… et ce sont encore elles qui se chargent de tout cela le plus souvent. Elles doivent donc choisir entre la satisfaction qu’elles donneront au travail… et un minimum de présence assurée à la maison. Quoi qu’elles fassent, elles culpabilisent. Violence psychologique, à nouveau, qui peut aisément conduire à un épuisement professionnel.

FLEXIBILITÉ DES EMPLOIS : Des femmes en guise de fusibles ?

Depuis une vingtaine d’années se développent aussi des modes de management qui privilégient la flexibilité des emplois : à croire que, pour faire vivre une entreprise, il faut absolument miser sur la précarité. CDD, temps partiel imposé, contrats aidés… et tous les bas salaires qui les accompagnent inéluctablement. Quoi ? Ce sont majoritairement les femmes qui les occupent ? Comme nous venons de l’évoquer, c’est encore principalement aux femmes que revient la tâche d’être disponibles pour les enfants… et cela a un impact certain sur les emplois qu’elles peuvent se « permettre » d’occuper. Pour elles, moins de grandes carrières mais de « petits postes »… du « sur-mesure », si l’ironie a sa place ici. A la grande joie des nouveaux manager.  A la clé, le bonheur absolu : impossibilité de boucler, seules, les fins de mois, et manque de considération dans leurs vies professionnelles. Une femme à temps partiel n’est peut-être, finalement, qu’une mère au foyer qui cherche à s’occuper, non ? Une double pression – dépendance financière et manque de reconnaissance sur le plan professionnel – qui peut conduire même les plus résistantes d’entre elles à craquer. Dans ce contexte aussi, le burn-out n’hésite pas à frapper fort.

Que vous soyez un homme ou une femme si cet article vous interpelle, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires sur notre blog et à le partager !

à bientôt
Karine Branger

2 réflexions au sujet de « Modernisation des violences au travail faites aux femmes! »
  1. Bonjour Jean-Philippe,

    Nous ne sommes pas toujours nos meilleures alliées 🙁 c’est malheureusement vrai. Il est plus facile d’agir par exclusion que de réfléchir et mettre en place une organisation du travail plus adaptée qui pourrait profiter à tous: homme ou femme.

  2. J’ai déjà rencontré une femme à un certain niveau de management qui affirmait clairement qu’elle préférait éviter de recruter des femmes pour ne pas avoir à faire à ce genre de situations .. et elle avait 3 enfants ..

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