Concilier vie familiale et vie professionnelle : un parcours du combattant!

L’identité de chacun d’entre nous est fortement marquée par la place que nous accordons au travail, d’une part, et à notre famille, de l’autre. Mais il se trouve que ces valeurs sont, toutes 2, très chronophages. Il faut donc apprendre à les concilier judicieusement – voire à arbitrer sans mauvaise conscience entre elles. Car quand les choix à opérer deviennent douloureux, le burn-out sait en profiter pour s’incruster.

Vie familiale et vie professionnelle : pas toujours complémentaires…

Le conflit vie professionnelle/vie personnelle est bien souvent latent.

Il résulte en fait de 2 types de tensions :

  1. Une surcharge de rôle : La quantité de travail est trop importante par rapport au temps disponible : il en reste peu pour côtoyer nos proches et les frustrations déboulent, tant du côté de la personne qui travaille que de celui de sa famille. Celle-ci se plaint de l’absence, les enfants ne trouvent plus d’écoute auprès de leurs parents débordés, et la « vie de couple » est laissée à d’autres. Autre paramètre : la fatigue engendrée par la vie professionnelle… qui remet systématiquement au lendemain des tâches « perso » pourtant nécessaires. L’individu en devient irritable et ne parvient plus à se détendre. Là aussi, c’est toute la famille qui trinque… au mauvais vin. Maux de tête inévitables pour qui ne change pas de perspective.
  2. Une interférence entre ces rôles : Chacune des « vies » de l’individu (professionnelle ou familiale) nécessiterait, parfois, une présence impérative au même moment… donc une sorte d’ubiquité, forcément insoluble si l’on refuse de sacrifier, à cet instant, le travail à la famille, ou l’inverse. Que choisir, par exemple, entre rester auprès de son enfant malade et assister à une réunion avec un client important ?Atelier-sos-burn-out

Les femmes, souvent en 1ère ligne.

Les femmes, dans les arbitrages, sont encore les 1ères concernées. Les temps changent, certes. Mais lentement. Ce sont toujours elles qui, bien (trop) souvent, assument les tâches ménagères en plus de leur travail : la surcharge de rôle est alors double. C’est à elles aussi que l’on reproche, le cas échéant, de ne pas suivre correctement la scolarité de leur(s) enfant(s). A-t-on déjà entendu une phrase du type « Ah, si ce papa pensait un peu moins à sa carrière, il pourrait aider son ado à réussir au collège » ? Déclinez la phrase « version maman »… vous aurez comme une impression de déjà vu.

L’instinct maternel et la pression sociale aidant, ce sont aussi les femmes qui culpabilisent le plus de délaisser leur famille au profit de leur profession. « Papa rentre tard ? Normal, il travaille. » « Mais Maman ? Pourquoi n’est-elle pas là ce soir ? » Et elle de s’en vouloir de n’avoir rien préparé pour que son mari, en son absence, s’en « sorte » avec le repas des petits…

Quand l’arbitrage est impossible, le burn-out guette.

Un article de la revue Management & Avenir1 relevait, en 2011, que « les effets négatifs de la perception de conflit travail-famille sur les attitudes et comportements au travail sont nombreux. » Parmi eux, il cite stress professionnel, diminution de l’engagement, augmentation de l’absentéisme et des retards au travail… autant de symptômes d’épuisement professionnel ! Bizarre bizarre…

Lorsque la personne ne parvient plus à faire face à la surcharge de l’un de ses rôles ou à l’interférence entre sa vie professionnelle et sa vie familiale, l’épuisement professionnel a, c’est pourtant vrai, le champ libre. Un conflit identitaire profond émerge alors : en tant qu’ »executive woman », je dois me comporter comme telle (assister aux réunions tardives, accepter les déplacements…) ! Comment être en même temps une maman parfaite (me libérer quand mon enfant est malade) et une épouse disponible ? Inextricable dilemme.

Pour prévenir le burn-out, il faut donc changer de perspective. Car c’est en réalité la façon que chacun a de vivre les choix qui, nécessairement, doivent être faits, qui déclenche ou non de la souffrance…

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1 Fuhrer Chantal et al., « Quand l’environnement relationnel contribue à la compréhension du burnout » , Management & Avenir, 2011/1 n°41, p. 194-215. DOI : 10.3917/mav.041.0194

 

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Concilier vie familiale et vie professionnelle : un parcours du combattant! »
  1. bonjour, je sais moi aussi ce que c’est que le burn out…après la naissance de mon fils j’ai voulu être wonder women à la maison, au boulot…Prof parfaite, maman parfaite, femme parfaite..et je me suis brulée les ailes jusqu’à faire une dépression…cela fait maintenant plus de trois ans et j’ai fait deux rechute depuis dont la dernière il y a deux mois…je ne me suis jamais mis en arrêt très longtemps…Mais je reste très sensible au stress, je ne supporte plus la pression et je me sens très très vite submergée par mon quotidien. J’ai du mal à retrouver un équilibre entre prendre du temps pour moi (chose que je n’ai jamais appris à faire), retrouver le gout des choses, ne pas avoir peur d’être submergée et déculpabiliser de ne pas être à 300 % comme notre société nous y pousse…pas facile tout cela et pas évident de toujours avoir le courage et la patience de se reconstruire.

  2. Ai fais un gros burn out en 2011 en parallèle de ma grossesse. Mon compagnon n’est pas resté à mes côtés, 2,5 ans d’arrêt longue maladie… reprise à temps partiel thérapeutique (50 %) depuis septembre, puis peu à peu afin de retrouver mon poste à temps complet… MAIS IL VA FALLOIR IMPERATIVEMENT SAVOIR DOSER… PRENDRE DU TEMPS POUR MOI… ME REPOSER… Ne pas négliger mon petit… travailler pour subvenir à nos besoins… tout en étant seule et avec un entourage qui s’est considérablement réduit depuis ma descente aux enfers… et malgré mon retour à une vie presque normale grâce à thérapie, AD, nutrition, réflexologie… Je dois être très prudente… L’avenir et le bien-être de mon fils ne dépendent que de moi… IL FAUT TRAVAILLER POUR VIVRE… ET NON VIVRE POUR TRAVAILLER !!!

  3. Bonjour Karine,
    et merci pour cet article qui met bien en balance ces deux sphères de vie. Je crois que tu as encore raison: mettre en perspective et surtout prendre soin de soi, c’est une des clés pour avancer avec le sourire. A bientôt

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