D’un stress à l’autre… Et si c’était une histoire de sexe ?

Hommes et femmes réagissent-ils au stress de la même manière ? Et de quel stress parle-t-on, d’ailleurs ? Sur le stress des uns et des autres, 1000 théories plus ou moins scientifiques ont circulé ou circulent… Certaines subsistent, d’autres sont remises en question. Voici un petit tour d’horizon de l’état actuel des connaissances réelles en la matière.

Au concours du stress, qui court le plus vite ?

C’est comme dans la vie. C’est l’homme, qui fonce. Percevez l’ironie… qui cache, toutefois, une vérité que l’on a longtemps crue valable : lorsqu’ils sont exposés à un stress aigu, les hommes produisent une quantité plus importante d’hormones de stress que leurs comparses de sexe opposé.

Une réminiscence de la traque aux mammouths ? Un patrimoine génétique marqué par une ancestrale et vitale nécessité de pouvoir réagir au plus vite face aux dangers de la chasse ? La femme, quant à elle, toute occupée aux soins à dispenser à sa progéniture, n’aurait pas développé la même réponse au stress, y étant moins confrontée…

Un modèle de combat-fuite que les scientifiques ont, avec bonheur, remis en question. N’avait-on pas déduit, un peu tôt, que cette réponse (de combat-fuite, donc) était la seule réponse au stress envisageable ? On n’avait alors considéré que le cas de la menace… Mais d’autres stress, d’autres réponses, devaient être étudiés.

Le syndrôme prémenstruel : info ou intox ?

D’autres stress, d’autres réponses, qui s’intéresseraient d’un peu plus près aux femmes… Certes, leur production d’hormones de stress dépend, face à une situation donnée, de la phase de leur cycle : juste avant leurs règles et exposées à un stress de laboratoire, les femmes produisent par exemple plus d’hormones de stress.

Femmes qui me lisez, vous en concluez nécessairement que vos sautes d’humeur d’avant-menstruations sont donc on ne peut plus légitimes, votre réactivité au stress à cette période étant scientifiquement démontrée. Notez toutefois que les femmes hindoues, pourtant elles aussi – il n’y a pas de raison ! – assaillies d’hormones féminines à certaines périodes, ne présentent pas ce syndrome. Question de culture ? Peut-être.

Facteurs différents, réponses différentes : du combat/fuite à l’affiliation.

Il n’en reste pas moins vrai que, règles ou pas, le stress féminin mérite que l’on s’y intéresse. D’après Sonia Lupien*, directrice du Centre d’études sur le stress humain, les réponses des femmes au stress seraient en effet différentes de celles des hommes : tandis que ces derniers tendraient à devenir agressifs et à combattre, ces Dames adopteraient des comportements « d’affiliation », combinant attitude de protection envers leur progéniture et rapprochement avec d’autres femmes.

Ces résultats se fondent sur des recherches scientifiques intégrant la notion de soutien : soutenus verbalement, au moment d’être stressés, par leur conjointe ou une autre femme, les hommes réagiraient moins au stress. Les encouragements d’autres hommes accroitraient, en revanche, leur réponse au stress… : face à un stress, un homme suivrait ainsi un modèle de combat-fuite. Les femmes, quant à elles, seraient plus stressées par le « soutien » de leur conjoint ou d’un autre homme, mais développeraient une moindre réaction au stress lorsqu’elles seraient encouragées par des femmes… d’où le fameux modèle d’ « affiliation ».

Quant aux facteurs de stress, ils n’auraient pas tous la même influence sur les 2 sexes : face à des situations impliquant un lien social, les femmes produiraient plus d’hormones de stress que les hommes, le contraire étant vérifié lorsque le facteur de stress étudié touche à la réussite.

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* Sonia Lupien, Par amour du stress, Editions au Carré, 2010

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