Épuisement professionnel et sentiment d’isolement

De l’isolement… à l’épuisement professionnel.

Qui ne s’est jamais senti(e) un peu seul(e) au boulot ? Vous, peut-être ? Vous avez bien de la chance ! Parce que le monde du travail, aux dires de nombreux spécialistes, a radicalement changé ces dernières années, provoquant un raz-de-marée d’isolements professionnels. Qu’ils résultent d’une réelle volonté managériale ou de la simple incapacité des entreprises à faire autrement, le constat est là. Point encore plus inquiétant : de cette impression de solitude peuvent découler des burn-out en cascade. Ce billet vous propose de faire le point sur ce phénomène qui semble transformer le sentiment d’isolement au travail en épuisement professionnel.

Solitude, isolement et sentiment d’isolement : mettons les choses au point !

L’isolement physique, donc objectif, est une chose : on travaille seul. L’isolement relationnel en est une autre : on touche alors au nombre et à la qualité des échanges avec d’autres personnes. Si l’on peut très bien être isolé physiquement tout en se sentant, finalement, « bien entouré », l’inverse – le développement d’un sentiment d’isolement ou de solitude au milieu d’un foisonnement de personnes – est inquiétant pour le psychisme des salariés. Une nuance à apporter (alors faisons-le !) : le sentiment d’isolement correspond à la situation d’un salarié qui croit ne pas pouvoir être aidé en cas de difficulté… et le sentiment de solitude fait son entrée lorsqu’il en arrive à renoncer tout bonnement à chercher ces soutiens. Dans les 2 cas, il y a danger ! Et, en particulier, danger de burn-out !

Isolement organisé : épuisement professionnel en vue!

Virtualisons les échanges ! Les réunions peuvent tout à fait se tenir par vidéoconférence. Proscrivons les bavardages ! Ils sont une perte de temps. Accélérons le rythme ! La compétitivité l’exige. Demandons plus de polyvalence ! On pourra embaucher moins. Et surtout contrôlons, vérifions, surveillons.
burn-out-isolement-professionneTout pour l’efficacité, tout pour la rentabilité. Et de moins en moins de créneaux pour les relations d’échanges : non seulement le temps manque, mais l’on travaille désormais en réseau, avec des personnes que nous ne connaissons que par ondes et connectique interposées. La relation sociale se fait solitaire, même lorsque l’on est entouré, à longueur de journée, d’une cohorte de collègues avec qui on correspond par mails même si ils sont dans le bureau d’à côté.
Ce constat, illogique s’il en est, est pourtant bien réel : en prétextant une rationalisation du travail, certains modes de management conduisent ainsi irrémédiablement les salariés à un véritable isolement. On profite de leurs savoir-faire, on s’approprie leurs connaissances… tout en leur refusant de plus en plus la parole. La contestation est souvent malvenue si l’on tient à son emploi !

Un isolement, comme résultat d’entreprises et d’institutions en crise ?

Lorsqu’il n’est pas volontairement organisé, l’isolement relationnel des salariés découle bien souvent de la situation-même de l’entreprise qui les emploie. En crise, elle laisse ses employés livrés à eux-mêmes, à leurs interrogations, à leurs décisions : une lancinante impression d’être abandonnés par leurs dirigeants se développe, les questions posées restant sans réponse. Les salariés, de sentiment d’isolement en impression de solitude, sont de plus en plus mal-à-l’aise… jusqu’à, pour certains, développer un épuisement professionnel.
Mais impossible pour l’entreprise de placer ce problème dans ses priorités, tant les difficultés qu’elle traverse la font adopter des comportements de survie : le bien-être des salariés ne semble pas faire partie des plans de sauvetage et encore moins des plans de sauvegarde ! Dommage, car c’est un peu comme si l’on jetait des bouées à la mer en visant vraiment mal le futur noyé.

L’entreprise sombre, entraînant avec elle tout son équipage.

Sortir de l’isolement pour prévenir le burn-out, c’est possible !

Pas de fatalisme. D’accord, vous vous sentez de plus en plus isolé… Pour que cela ne vire pas au burn-out, il faut agir vite ! Essayez, dans un 1er temps, de prendre de la distance par rapport à vos difficultés (oui, ok, c’est facile à dire… mais essayez quand même !). On n’apporte pas de réponses à vos questions ? Acceptez de rendre un dossier un peu moins complet. On vous laisse porter seul(e) une décision stratégique, quand vous auriez voulu en discuter ? Si vous avez fait connaître votre envie d’échanger à ce sujet et que l’on n’y a pas répondu, on ne pourra pas venir se plaindre… Un mécanisme de pensée à mettre en place, certes, mais qui pourrait bien vous soulager durablement.
Si votre sentiment de solitude perdure néanmoins, vous gagnerez sans doute à faire appel à un professionnel du burn-out et ce, même avant d’être pris à la gorge ! Surtout, n’attendez pas l’épuisement professionnel pour agir. En pleine tempête, il est souvent délicat de barrer pour maintenir le cap… Prenez votre boussole et contournez la dépression (dans tous les sens du terme…).

Merci beaucoup de parler de cet article autour de vous!
N’hésitez pas à le partager sur Twitter, Facebook ou Google+ .

Prévenir le burn-out c’est commencer par le connaître!

3 réflexions au sujet de « Épuisement professionnel et sentiment d’isolement »
  1. J’ai de plus en plus de mal à faire face à mes responsabilités ; pas de réponse à mes questions (je n’arrive même plus à les formuler) devoir de mettre en œuvre des décisions prises en haut lieu sans me consulter, pas d’interlocuteur, sentiment d’être « la sous diplômée » de service, sentiment qu’on ne m’accorde pas la légitimité de ma fonction, non prise en compte de mes plannings (que par conséquent je dois modifier régulièrement) sentiment de ne pas faire partie de l’équipe, condescendance de certaines collègues, j’arrête là, je pourrais manquer de place dans cet encart… J’ai envie de quitter ce poste 60% temps plein soit 30 heures en 3 jours ….

  2. Bonjour,

    Je vis cette situation depuis mon intégration dans un service et dans la boite dans laquelle je suis, étant déléguée du personnel (sur le papier) je suis difficilement virable alors rien n’est fait pour résoudre cet isolement (surtout pas) et ça m’a conduite à demander une rupture conventionnelle, que pouvais-je (légalement) faire de mieux?

    ALV

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *