Vous avez échappé au plan social ? Vous avez tous les risques de le payer cher…

Ouf. Vous y avez échappé : le plan social, cette fois, vous a épargné(e). Et vous restez avec bonheur dans cette entreprise qui veut encore un peu de vous. Mais êtes-vous si certain(e) d’avoir fait une bonne affaire ? Certes, le marché de l’emploi n’est pas florissant, c’est le moins qu’on puisse dire. Vous n’aviez aucune envie d’avoir à chercher sans être sûr(e) de trouver. Les CV trop souvent envoyés au vent, les entretiens d’embauche sans embauche à la clé, les « on vous rappelle » sans jamais le moindre coup de fil : très peu pour vous. Et pourtant. Pourtant, une situation bien pire vous guette peut-être : bien caché derrière votre ordinateur, l’épuisement professionnel est en place, prêt à surgir.

 Pas de communes mesures côté encadrement…

Pour prévenir le burn-out des salariés (non seulement de ceux qui seront licenciés mais aussi de ceux qui resteront !) lors de restructurations d’entreprises, le rôle de l’encadrement en amont est primordial. Il est toutefois trop souvent négligé : généralement prises, autant que les autres, dans la tourmente du plan social, les personnes supposées s’occuper de cette problématique en sont bien incapables. Gérer le stress d’autrui quand on craint soi-même pour sa place, c’est mission délicate, voire impossible. La motivation – et chacun comprendra ! – n’est pas vraiment là. Le temps, aussi, manque à l’appel : la tornade doit être domptée, mais on pare d’abord au plus pressé. Et la psychologie, il faut bien le reconnaître, fait rarement partie des priorités. Pas de motivation, trop peu de temps, donc… mais aussi déficit en compétences, en ressources et en soutien de la direction !

 Lors d’une restructuration, l’évaluation des risques en matière de santé est pourtant une exigence légale (directive-cadre 89/391)… dont bien peu d’employeurs se préoccupent. Lorsqu’elle est néanmoins réalisée, elle tend à refléter les dégâts plus qu’à prévenir les risques. Quant au soutien émotionnel, lui, il n’est pas obligatoire. Evaluer sans (pouvoir) agir : quelle efficacité !!! A la clé : un stress accru et des burn-out en cascade, avant mais aussi après le plan social, y compris pour ses « rescapés » !

burn-out plan social

 Une communication pas toujours bien menée : du stress en barre.

 Si le stress n’est pas vraiment pris en considération dans beaucoup d’entreprises restructurées, il pourrait pourtant être amplement réduit par – tout simplement si je peux dire – une bonne communication. Mais là aussi, il s’avère que le bât blesse. Eprouvé par le stress vécu avant les licenciements – ne pas savoir, pendant des mois, à quelle sauce on sera mangé n’est pas, émotionnellement, franchement reposant ! – le personnel encore en place pourrait (et devrait) être rasséréné par une politique fondée sur l’instauration d’une nouvelle cohésion, d’un nouveau sentiment d’appartenance. Montrer aux salariés que, s’ils sont encore en place, c’est parce qu’on leur fait pleinement confiance et qu’on reconnaît leur savoir-faire (la reconnaissance étant l’un des vecteurs permettant d’éviter les burn-out), c’est aussi mettre en place une communication fluide : ouverte, continue, elle doit également être transparente et permettre la contradiction et l’émergence de nouvelles idées.

 Ce n’est par ailleurs qu’en disposant d’informations correctes que les « rescapés » pourront être efficaces dans leur job revisité : une nécessité, donc, pour qu’ils se le réapproprient et passent à côté d’un burn-out de découragement…

Intensification du travail, conflits et compétition : joli programme !

 Mais le risque principal de burn-out post-restructuration se situe encore ailleurs. On l’identifie dans une constatation tristement mathématique : moins de personnel, autant (ou presque) de travail = charge accrue de travail par personne. Alors qu’on disposait d’un(e) assistant(e), son poste a mystérieusement sauté : on ne peut plus compter sur un tableau Excel que l’on passerait simplement récupérer entre 2 rendez-vous. Il faut le faire soi-même. Quand ? Allez savoir. On fonce, on accélère… on s’essouffle et on burn out.

Certes, au sein même de l’entreprise, certains sortent gagnants de ces plans sociaux : de nouvelles opportunités professionnelles, plus d’autonomie, etc. Mais il faut bien reconnaître que, pour la plupart des salariés, restructuration rime plutôt avec intensification du travail, détérioration des relations avec collègues et supérieurs hiérarchiques (la compétition sévit…) puis baisse de la motivation et de l’estime de soi. On craint de plus en plus de faire des erreurs tant tout doit être fait vite, trop vite. Les journées sont nécessairement plus longues… réduisant simultanément l’efficacité de chacun pour une tâche donnée. Stress, fatigue… et burn-out en vue.

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Karine Branger

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