Plus vous travaillez tard moins vous êtes productifs!

Burn-out: plus je travaille tard moins je suis productif!

Vous commencez tout juste le job. Vous avez un dossier urgent à rendre. Il y a seulement une réunion de dernière minute mais, promis, vous faites au plus vite. Bon, allez, juste un dîner d’affaires après… Toutes les excuses sont bonnes pour rentrer tard le soir. Toutes les excuses le sont aussi pour continuer à travailler, chez vous, nuits et week-ends. De bonnes excuses ? En êtes-vous sûr ? Seriez-vous au bord d’un burn-out? Allez. Rentrez chez vous!  Mieux : laissez vos inséparables amis portables (téléphone pro et ordinateur) au bureau !

Culture du présentéisme… et encouragement à l’inefficacité ?

La culture du présentéisme sévit dans les entreprises. Une sorte de concours pernicieux : c’est à celui qui éteindra les lumières en dernier. A celui qui passera le plus tard le pas de la porte. « Pffff… j’ai vraiment beaucoup de boulot… hier, j’ai encore bossé jusqu’à 21h00 ! », se vantera l’heureux gagnant le lendemain, devant ses collègues et, si possible, son patron… avec lequel il aura bien entendu tourné, aux aurores, la clé dans la serrure. Il participera à toutes les réunions, et l’on sait tous à quel point toutes sont utiles  🙂 nouvelles informations en pagaille et prise de grandes décisions assurée…

 Car oui, à côté de la culture du présentéisme, sévit celle de la réunionite aiguë. Souvent organisées au dernier moment, elles ne laissent aux personnes conviées ni le temps de les préparer, ni celui d’achever une tâche commencée… dans laquelle il faudra ensuite se replonger, à grand renfort de temps perdu !

 On souhaite pourtant se montrer dévoué, consciencieux, bourreau de travail. Alors on s’y rend. Quitte à rester tard, ensuite. Et cette attitude rassure, il est vrai, nombre de chefs d’entreprise. Une promotion est à briguer ? Elle sera certainement pour vous… vous qui ne comptez pas votre temps. Heureux de devenir un exemple dans l’entreprise ?

Mais un exemple de quoi ? De présentéisme, assurément. Pas forcément d’efficacité, si ? Rester tard est encore perçu positivement dans nos contrées… mais, vous, qu’en pensez-vous, en réalité ? Avouez…

Cette attitude ne pourrait-elle être analysée comme le signe d’une mauvaise organisation de son travail ? Ne pourrait-on sourire de ceux qui, presque par principe, restent tard au bureau alors qu’ils n’ont finalement plus grand-chose à y faire. Et que dire de la fatigue de ces salariés, du risque qu’ils courent d’épuisement potentiel, du burn-out (épuisement professionnel) qui n’en fera sans doute qu’une bouchée ? Un perpétuel brassage de vent qui empêche de prendre du recul sur les dossiers et induit nécessairement des erreurs. Pour votre boss, une pas si bonne affaire, finalement… à moins d’une complicité avouée à l’heure de l’apéro !

« Travailler tard » et dommages collatéraux et burn-out

Le « travailler tard », s’il semble désormais constituer la base de votre construction identitaire, ne serait-il pas en train de vous faire oublier votre vie privée ? Car vous en avez une. Si si ! Mais peut-être avez-vous décidé de sacrifier les beaux yeux de votre femme pour ceux de votre patron !

 Quant à ceux de vos enfants… vous ne les verrez pas s’écarquiller des découvertes qu’ils font jour après jour, briller à la vue d’un ballon gonflé à l’hélium qui s’envole… ou pleurer parce que vous ne leur lisez jamais d’histoire le soir. Snif. Mais véridique. Vos ados… « quoi, ils sont déjà ados ? »… vos ados, disais-je, vous découvriront éventuellement au détour de l’un de vos multiples retours tardifs lorsque, plongés à 22h00 dans VOTRE série préférée, ils n’auront pas vu l’heure tourner. Un « Quoi, papa, tu rentres déjà » ? vous sera alors jeté sans ironie. De quoi vous poser quelques questions, non ?

Quant à votre femme… elle s’organise, nous l’espérons pour elle, une vie parallèle : sport, sorties, etc. (Surtout, ne voyez dans le etc. aucun sous-entendu !) Attention à ces attentes que vous lui imposez : si vous n’avez pas le temps de vous remettre en question (et oui, le boulot d’abord !), elle le fera peut-être à votre place. Il sera alors trop tard pour courir après elle… et le temps perdu.

 Peu de demi-teintes pour ce tableau noir du burn-out… malheureusement réaliste.

C’est donc maintenant qu’il faut changer ! Et c’est pour votre bien que nous vous le disons !

 Et si votre/les mentalité(s) évoluai(en)t ?

Primo, discutez. Parlez à votre femme de votre insatiable besoin de travailler. Essayez, avec elle, de trouver des compromis : un réel soutien de sa part lorsque vous devez remettre un dossier dans des délais serrés ; et un engagement, de votre côté, de garder à distance respectable de votre sphère privée tout ce qui touche au travail. Exit le téléphone pro. Aux oubliettes l’ordinateur… by by burn-out. Et plus question de mettre les pieds au bureau durant le week-end ! Puisque vous avez besoin d’un planning chargé pour vous épanouir, prévoyez aussi, en les inscrivant dans votre agenda, des plages horaires à consacrer à votre famille durant la semaine. Vous ne pourrez plus y couper…

Secondo, participez à une évolution générale des mentalités ! Car le changement est en marche : de nombreuses entreprises ont par exemple remis en cause la présence sur le lieu de travail en soirée en signant une Charte de la parentalité (Darcos 2008). Cette charte a pour objectif d’inciter les entreprises à proposer aux salariés-parents un environnement mieux adapté aux responsabilités familiales

Agir, c’est commencer par diffuser de nouvelles idées. Parlez autour de vous de cette absurde culture de présentéisme, parlez-en à vos collègues, amis, connaissances tout comme vous au bord du burn-out… Et parlez-en sur notre blog. Commentez notre article. Donnez votre opinion. Nous vous y attendons.

2 réflexions au sujet de « Plus vous travaillez tard moins vous êtes productifs! »
  1. Bonjour,
    merci de votre commentaire. Ce n’est effectivement pas spécifique aux hommes. Toutefois la culture du « travailler tard » et de la présence au travail est plutôt masculine que féminine. Des décennies de schémas masculins s’appliquent encore dans le mode de fonctionnement des entreprises d’aujourd’hui. Karine

  2. Entièrement d’accord avec cet article ! Je vois dans le rester tard au boulot un manque d’efficacité et de gestion des priorités, comme de l’immaturité en quelque sorte.
    Juste un point qui m’a déçu : l’allusion à « votre femme ». Le finir tard au boulot, ça ne concernerait que les hommes ? C’est un problème de mentalité de société qui touche et pénalise également les femmes qui travaillent et culpabilisent de ne pas consacrer assez de temps à leur famille.

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