Harcèlement moral et burn-out : quand l’un va sans l’autre.

Entre harcèlement moral au travail et burn-out, la tendance est souvent à la confusion. « Mon chef me harcèle. C’est sûr, je vais me retrouver en burn-out », entend-on dire. Alors oui, le harcèlement moral pourrait effectivement être l’un des facteurs du burn-out… mais il en serait rarement le seul ! Et – qu’on se le dise ! – il mènerait en réalité plus souvent à une dépression qu’à un burn-out. Ce dernier saurait, en outre, très bien se faire sa place sans qu’aucune situation de harcèlement moral ne puisse être détectée. L’indépendance entre harcèlement moral et burn-out pourrait donc bien être déclarée. Harcèlement moral et burn-out : quand l’un va sans l’autre.

Ateliers-sos-burnoutLe harcèlement moral : un éventuel facteur de burn-out… et encore !

Un burn-out résulte d’un stress permanent au travail, qui épuise ses victimes tant mentalement que physiquement. Entre objectifs irréalisables et tâches insurmontables, la pression est de plus en plus forte… le tout, souvent, sur fond de conditions de travail en perdition.

Dans ce tableau idyllique, le harcèlement moral pourrait effectivement jouer un rôle, puisqu’il consiste en un comportement incontestablement source de stress. Une personne ou une organisation abuse alors d’un salarié : critiques incessantes, isolement forcé, interférences avec sa vie privée, tâches confiées sans rapport avec ses compétences, etc. (voir notre billet Harcèlement moral : portrait robot du harceleur) La volonté de l’auteur est alors délibérée : il s’agit de nuire, et harceleur comme harcelé le savent. La composante stress – et on subodore ici un lien possible avec le burn-out – est donc bien là.

Harcèlement moral burn-out?

Pourtant, le harcèlement moral ne pourrait justifier à lui seul un burn-out, qui résulte de quelque chose de plus insidieux, de moins voulu : une pression devenue intolérable pour l’organisme, mais dont auteurs et victimes n’ont pas forcément la pleine conscience. Eux se contentent de donner des instructions, non dans le but de nuire au salarié concerné (contrairement au harceleur), mais dans celui de faire prospérer l’entreprise ou l’organisation. Stress, il y a aussi. Mais il est différent dans l’intention. Et c’est cette nuance qui fait tout : un harcèlement moral pourrait renforcer un burn-out et non, généralement, en être l’unique vecteur.

Le burn-out n’attend pas le harcèlement.

Le burn-out, en effet, n’a pas besoin d’un quelconque harcèlement moral pour se faire une petite (voire large) place. Il lui suffit de trouver une victime à la conscience professionnelle bien ancrée, au désir de plaire un peu poussé et à la capacité à déléguer quasi-inexistante. Ajoutez à cela un supérieur hiérarchique simplement exigeant et peu capable de mesurer la quantité de travail requise pour chaque mission qu’il confie… et vous avez un cocktail détonnant pour un burn-out très réussi !

Le harcèlement moral PRÉFÉRERAIT la dépression.

burn-out-harcelement-traitementNon associé à d’autres facteurs de stress, le harcèlement moral conduirait en fait plus souvent à la dépression qu’au burn-out. La différence, me direz-vous ? La frontière entre les 2 est floue, et les professionnels de la question s’accordent à le reconnaître. On évoque toutefois une différence dans les effets du stress :

    • côté burn-out : le sujet serait ultra-motivé, perfectionniste et exigent vis-à-vis de lui-même. Mais ce qu’il veut se détacherait progressivement de ce qu’il peut… et il refuserait de l’admettre, cherchant à y arriver à tout prix. Le stress monterait, monterait, monterait, jusqu’à ce que tout s’effondre.
    • côté dépression : le stress, loin de booster, découragerait. La personne manquerait de confiance dans ses propres capacités et ressentirait méfiance et sentiment d’abandon. Le découragement serait la réaction au stress dans la dépression.

En résumé : le burn-out ferait suite à un schéma de lutte face au stress, tandis que la dépression suivrait une logique de conservation face à la pression. Contrairement au patient souffrant de burn-out, le patient dépressif s’avouerait rapidement vaincu. Pour en savoir plus: « Burn-out et dépression, chevauchement, délimitation« .

Forts de ces quelques explications, on perçoit instinctivement (non ?) le lien entre harcèlement moral et dépression… et son indépendance par rapport au burn-out. Etre harcelé moralement n’a en effet pas grand-chose de motivant (sic) : il semble logique, face à lui, de se décourager rapidement (d’où la propension à la dépression)… ce qui n’est pas le cas lorsqu’on veut simplement montrer à son supérieur hiérarchique ou à soi-même que, quoi qu’il nous demande, « on peut le faire » (d’où le burn-out comme conséquence).

N’oubliez pas se faire accompagner en situation de burn-out ou de dépression est un levier important pour en sortir plus vite!

Karine Branger

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