Le burnout maternel : double journée, burnout dédoublé ?

Le burnout maternel : double journée, burnout dédoublé ?

Vous n’en pouvez plus. Courir, toujours courir… pour finalement n’être nulle part. Courir pour assumer vos responsabilités professionnelles, courir pour assurer à la maison, courir pour tout mener de front : votre carrière, votre rôle de mère, votre idéal d’épouse… Intenable, à la longue. Vous courez droit au burnout maternel.Burnout maternel et culpabilité : un plat qui chauffe, chauffe, chauffe…

Pourtant sur le bon chemin dans leur conquête de l’égalité, ayant gagné l’autorisation de la contraception (1967), la dépénalisation de l’avortement (1975), le vote de la loi sur la parité (2000), les femmes semblent aujourd’hui à bout de souffle, anéanties par un quotidien auquel s’est manifestement rallié une tyrannie de la mère parfaite.

La fameuse mère parfaite. Celle à qui chacune – vous, moi – voudrait en secret ressembler… alors que nous savons au fond (tout au fond !) qu’elle n’existe pas ! La poursuite de cette chimère fait culpabiliser celles qui délèguent… La nounou va chercher les enfants à l’école, leur fait faire leurs devoirs. Le biberon remplace l’allaitement. Partout, on crie au délaissement des bambins. On pleure leur mauvaise santé future. Et on vous explique implicitement que, décidément, vous êtes une bien piètre mama et que vous le mériteriez presque votre burnout maternel. A vous qui vous en vouliez déjà seule…

Elisabeth Badinter, dans « Le conflit : la femme et la mère », évoque cette éprouvante pression à laquelle sont confrontées les mères d’aujourd’hui, celles à qui l’ont voudrait faire croire qu’elles en sont de mauvaises. On retrouve la même problématique dans « Mères sous influence : de la cause des femmes à la cause des enfants », de la sociologue Sandrine Garcia. Le retour d’un naturalisme qui plaide haut et fort pour un dévouement sans faille de la mère à ses bambins, d’une maternité « écolo » qui, pour Mme Badinter, fait régresser la cause des femmes, pourrait bien avoir un impact direct sur la tendance des mères à développer un burnout (épuisement professionnel).

Burnout maternel quand la pression faisait sauter le couvercle ?

Pour celles qui ne souhaitent pas se couler dans le moule imposé par ce nouveau féminisme, la tâche est rude. Il faut à la fois refuser, et assumer de refuser. L’étau du burnout maternel se resserre pourtant autour de celles qui cultivent, en secret et, parfois, sans en avoir elles-mêmes pris conscience, la culpabilité d’accorder une place importante à leur carrière. Sous-entendu – vous l’aurez compris -… au détriment de leurs enfants. De vos enfants ?

Pour mener de front vie professionnelle et vie de mère et d’épouse, vous vous organisez, déléguez, improvisez en cas de fièvre du petit dernier, filant chez le médecin à des heures indues. Savoir s’organiser, être capable de déléguer, prouver sa réactivité sont pourtant des aptitudes valorisées dans le monde du travail. En tant que mère, on vous les reprocherait presque. Un paradoxe qui n’a pas fini de vous mettre mal à l’aise.
Quoi qu’il en soit, il est hors de question pour vous de montrer le moindre signe de faiblesse. Car les temps ont changé… mais en théorie seulement. La compétition professionnelle entre hommes et femmes reste rude : la gagner passe par une disponibilité et un engagement sans faille dans l’entreprise. Vous vous trouvez prise entre 2 feux (ou 2 plaques à induction ?), incomprise au travail dans votre maternité, culpabilisée par la société dans votre volonté de progresser sur le plan professionnel. Complètement isolée, à vrai dire. La pression est partout. Le couvercle – pas celui de la marmite de soupe que vous êtes supposée cuisiner chaque soir à base de légumes frais… et bio, s’il vous plaît ! – non, votre couvercle, celui de votre capacité à résister à un trop-plein d’impératifs et de luttes en tous genres, commence à montrer de sérieux signes de faiblesse.

De là à penser que vous l’avez bien mérité votre burnout maternel… refusez de vous laisser à de telles pensées et trouvez des solutions!

2 solutions : trouver un moyen de renforcer le couvercle… ou faire retomber la pression. Dans les 2 cas, vous aurez vraisemblablement besoin d’un petit (ou gros) coup de main. Car ce n’est pas en refusant d’admettre le burnout maternel qui vous guette que vous serez au top à la maison et au boulot ! Si vous vous êtes reconnue dans les lignes de ce billet, c’est maintenant qu’il faut agir. Et vite !

Venez mettre en mots votre burnout maternel  et votre ressenti, sur papier ou – au hasard – sur ce blog, est une première étape indispensable ! C’est parti…

12 réflexions au sujet de « Le burnout maternel : double journée, burnout dédoublé ? »
  1. Plus je me renseigne sur le burn out, plus je pense que je suis sur un terrain glissant.
    Boulot, maison, enfants, devoirs, trajets, médecin, courses… Je n’en peux plus de courir après le temps !
    Travailler est une nécessité mais jusqu’à quand j’en serai capable ?

  2. bonjour, voila je suis en arret depuis vendredi pour un petit probleme de santé genant!(hemeroide thrombosee). je n en peu plus j ai repris le boulot la semaine d avant avec la boule au ventre!! je n ai plus envie d y allez l ambiance les collègues la paye ect….. je bosse comme une folle maison ,enfants,ecoles,boulot, courrir a droite a gauche et on fait des travaux dans la maison! je suis epuiser mais je veux encore travailler et sais tres bien que ca va encore plus m epuiser mais je peu pas m en empecher! j ai l impression que je veux m epuiser!!! j ai quelque chose qui va pas!!!?????

  3. Et oui, le burn out maternel existe, il a été décrit depuis plusieurs années déjà. Violaine Guéritault en avril 2006 sortait son livre « La fatigue émotionnelle et physique des mères; Le burn out maternel »
    Depuis une année, j’ai ouvert une page sur le sujet sur facebook « Le burn out maternel. Cette page une porte pour en sortir ».
    Comme vous le dites, le premier pas à faire pour en sortir c’est d’admettre l’état de burn out.

  4. Bonjour Loriane,

    désolée d’avoir un peu tardé à vous répondre :). J’imagine que la situation doit être difficile à vivre pour vous. Le burn out maternel existe, ne vous sentez pas coupable vous n’êtes pas une mauvaise maman mais une maman qui craque. Les solutions pour en sortir existent. Dans un premier temps je vous invite à vous rapprocher de votre médecin afin de lui parler de la situation, faites de même avec votre conjoint et/ou partagez votre situation avec une amie/famille. Si quelqu’un peut vous aider et vous soulager ne refusez pas cela ne fera pas de vous une maman incompétente, vous avez besoin d’être aidée, comprise et soulagée 🙂 Vous avez besoin de prendre soin de vous, vous qui avez consacré tout votre temps et votre énergie à vos enfants et à votre vie de famille il est maintenant de penser à vous 🙂 je suis de tout coeur avec vous. Karine

  5. Je suis, je pense, en plein burn out maternel…
    Je m’énerve sur mes enfants, ne supporte plus rien (cris,caprices, bêtises…)
    Ce matin je me suis encore retrouvée en pleurs car je ne sais plus comment agir
    Du coup je fais moins de choses avec eux, je m’isole et petit à petit en fin de journée je bois un peu
    Je suis vraiment au bout du rouleau, je ne sais plus quoi faire pour arrêter cette situation.. Je m’en veux tellement d’être comme ça !

  6. Bonjour Caroline,
    merci beaucoup pour votre commentaire. C’est très juste le burn-out touche aussi les mères qui restent à la maison. La recherche et le questionnement identitaire concernent tout le monde sans exception. Trouver sa place, celle que l’on se donne et celle à laquelle on aspire, le sens que l’on veut donner à sa vie et à ses envies…le pourquoi et pour qui… sont des questionnements universels
    à bientôt sur LO avec grand plaisir 😉
    Karine

  7. Bonjour Karine,
    ce burn-out qui assaille les mères dans toutes ses sphères de vie touche aussi celles qui restent à la maison pour se consacrer à leurs enfants… Paradoxal ??
    Je suis ravie d’avoir découvert votre blog et y reviendrais fréquemment pour comprendre les rouages de ce mal de vivre et surtout les moyens que vous proposés pour en sortir.
    Merci pour cet article au sujet des conséquences du syndrome de la mère parfaite.

  8. Bonjour Stéphanie,
    merci de votre témoignage. Se sentir coupable fait parti du processus qui accentue le burn-out. Votre situation n’est pas facile, tout porter toute seule est difficile surtout quand on ne se sent pas épauler comme on le souhaiterait. Quand on craque on pense souvent des choses que l’on ne fera jamais. Sentez-vous libre et ne vous jugez pas trop sévèrement quand au bout d’une longue journée vous avez envie de tout plaquer. offrez-vous un peu de temps à vous pas forcement longtemps mais un peu de temps rien qu’à vous. Quand je suis très fatiguée et que je ne supporte plus rien je m’isole et m’offre une tasse de thé du Chine fumé… j’adore, les 10 mns que je prends à boire mon thé m’offre un espace salutaire pour mieux repartir. Et vous ça serait quoi votre truc? bon courage 🙂

  9. je suis actuellement je pense en burn out maternel, je cours partout entre mon travail le sport des enfants le quotidien les devoirs les courses le diner…et mon mari absent avec son travail ne percute pas de la réalité des choses que je suis épuisée physiquement mentalement et que moi mère poule j’ai juste envie de tout plaquer prendre une valise et partir loin d’eux pour souffler et de penser ça,ça me fait me sentir coupable, coupable de penser de telles choses, c’est peu reconnu ce burn out mais je pense qu’il est plus présent qu’on le pense dans beaucoup de famille

  10. pas simple effectivement et en plus elles sont moins bien rémunérées à poste équivalent. Karine

  11. Oui , en effet on se demande vraiment comment les femmes , méres de famille , peuvent tout mener de front…carriére , enfants ( trajets , courses , démarches , maison , etc , etc ) Comment font elles ? D’autant que l’entreprise si exigeante , malgré quelques aménagements par ci par là , se moque la plupart du temps de leur vie privée …

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