Les nouvelles technologies feraient-elles de nous des décérébrés au bord de l’épuisement professionnel?

Avec les nouvelles technologies, le social s’est mis en réseaux. Des réseaux qui, de plus en plus, défient notre raison… Elle nous dit qu’un peu d’air frais nous ferait du bien, eux nous rappellent à l’ordre de leurs tweets tout chauds. Ne rien rater. Ne rien laisser passer. On veille, dans tous les sens du terme, la veille sur Internet générant des nuits sans sommeil. D’abord parce que l’écran perturbe, en lui-même, nos hormones du dodo. Ensuite parce qu’il nous est de plus en plus difficile de décrocher. Et notre cerveau, dans tout ça ? Parvient-il à suivre ? Portés par l’urgence et l’abondance perpétuelles dans lesquelles nous plonge le net, on ne se pose même pas la question ! Sauf là, maintenant. Et bien vous en prend ! Car les nouvelles technologies pourraient bien faire de nous des décérébrés au bord de l’épuisement professionnel…

Connexions annexes, burn-out comme next step ?

Où sont passés l’odeur et le bruit des pages ? Sommes-nous encore capables de nous concentrer sur un livre (en papier, il faut le préciser…) de bout en bout ? Rien n’est moins sûr : nos cerveaux paient cher le prix de nos connexions… car celles de nos neurones semblent changer de style. Notre concentration, si elle est toujours là, prête à s’engager durant des heures sur les réseaux sociaux, s’est incontestablement transformée : à force de passer d’une fenêtre à l’autre pour ne rien rater de ce qui se dit, des infos qui circulent, des photos postées, des nouveautés de notre secteur d’activité, nous avons comme reformaté notre cerveau. Lui qui, fut un temps, savait construire posément un raisonnement, passer des heures à refaire le monde (non virtuel), tourner et retourner des arguments parfois philosophiques, il n’est plus capable que de zapper… Et une fois ce grand remue-ménage achevé (à défaut de remue-méninges), en fin de journée, que reste-t-il ? Etait-il vraiment nécessaire ? Avons-nous retenu quelque chose qui nous fera avancer d’une quelconque manière ? Pas si évident que de répondre oui. Et le burn-out, pourtant, se pointe (tout ça pour ça ?) : nous nous sentons fatigués pour cause d’écrans, stressés par ce zapping permanent, irritables quand tout ne va pas vite…

La patience. Parlons-en, de la patience. Est-elle encore d’actualité ? A l’heure où tout file à l’ombre des pixels, cette vertu autrefois portée aux nues semble avoir perdu de son aura : attendre sans rien faire d’autre, n’est-ce pas une perte de temps ? Dire qu’on aurait pu, pendant ce temps, lire quelques billets de blog (et c’est moi qui dis ça !), voire les retweeter…

Décidément, notre cerveau a zappé… son ancienne configuration.  Et la nouvelle ne semble pas vraiment psychologiquement équilibrante.

Conduites addictives

burn-out-addiction-technologieLes psychologues constatent aujourd’hui un nombre grandissant de personnes devenues tout simplement « addict aux réseaux sociaux ». Si certains préfèrent parler d’ « usages problématiques » plutôt que d’addiction proprement dite, un rapport récent1 explique néanmoins que « Les neurosciences apportent des indications sur les modalités selon lesquelles les écrans pourraient anormalement solliciter le circuit de la récompense du cerveau, notamment dans le cas de pratique excessive de jeux vidéo et/ou des réseaux sociaux ». S’il concerne plus particulièrement les enfants, ce rapport suggère néanmoins une similitude d’effets entre un usage intensif des réseaux sociaux et la dépendance à certaines drogues2.

Les symptômes ? Plus qu’un nombre d’heures à comptabiliser, ce sont des comportements qui peuvent être révélateurs d’une addiction : désinvestissement dans les relations amicales ou familiales, mensonges concernant le temps de connexion, stress induit par l’impossibilité de se connecter…

La solution : se déconnecter ?

Quand plus rien ne semble compter hors-connexion, que notre vie sociale se résume à des sourires figés sur des photos skypées, que l’on n’est plus capable de suivre une discussion (avec des vrais gens) sans vérifier – ça prend juste une minute ! – nos mails… il est temps, largement temps de se poser quelques questions. Où est l’essentiel ? Pouvons-nous réellement continuer ainsi ? Que devient notre corps, dans tout ça ? Que devient notre famille, nos amis ?

Pour reprendre pied avec la réalité, certains ont choisi une mesure radicale, à l’instar de Thierry Crouzet : s’estimant trop happé par le net, il décide, pour 6 mois (le temps d’écrire, au passage, un livre sur sa déconnexion), de revivre au stade technologique de 1985. Vous trouverez son histoire en suivant ce lien. Feriez-vous de même ? L’idée est tentante… mais quelque peu paniquante. Chiche ?

Cet article raisonne en vous ? Il vous renvoie à votre situation ou à celle d’un proche ? Vous ne comprenez pas vraiment qu’on puisse devenir addict aux nouvelles technologies ? Faites-nous part de vos commentaires sur notre blog !

Karine Branger

1 Jean-François Bach, Olivier Houdé, Pierre Léna, Serge Tisseron, « L’enfant et les écrans », avis de l’Académie des Sciences, 17 janvier 2013.

2 Pour plus de détails, voir Le Cercle Psy, n°8, mars/avril/mai 2013

 

3 réflexions au sujet de « Les nouvelles technologies feraient-elles de nous des décérébrés au bord de l’épuisement professionnel? »
  1. Bonjour Karine

    Je ne sais pas si nous sommes décérébrés mais franchement avec tous ces trucs qu’il y à apprendre sur les IPHONE et IMachins en tous genres j’avoue que parfois je fais du passéisme ah le bon temps où tout avait l’air plus simple et plus compatible avec mes pauvres neurones si fatigués par les spam, mails, e-books, etc etc

    Je reconnais que toutes ces nouvelles technologies sont bien utiles mais n’en devenons pas les esclaves

  2. Bonjour,

    Article très intéressant ! Je connais un collègue de travail qui vérifie sa boite mail toutes les 30 secondes…

    Il est complétement addict…

    Personnellement je préfère me déconnecté de tout et faire de la marche !

    Paul de nosamisleschiens.fr

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