Les relations avec l’entourage professionnel: un facteur déterminant de prévention

En entreprise, l’existence de liens entre les relations qu’entretiennent les salariés avec leur entourage professionnel et leur propension à être sujets au burn-out n’est plus à démontrer. Une étude de 20111 réalisée auprès d’infirmières met notamment en exergue ce phénomène. Mais dirigeants, cadres, ouvriers… tous sont en fait logés à la même enseigne ! Quand le lien social est de piètre qualité, l’épuisement professionnel prend facilement ses quartiers…

 L’environnement relationnel : quèsaco ?

Par environnement relationnel, on entend à la fois relations avec l’organisation et relations purement « sociales ». Un précédent billet traitant, sur ce blog, des relations avec l’organisation, cet article va se concentrer sur les relations entre individus.

Celles-ci concernent, bien sûr, les rapports entre salariés d’une même entreprise, mais également ceux que chacun établit avec le public auquel son métier le fait s’adresser. Les infirmières, par exemple, ne peuvent faire l’économie de relations avec leurs patients… Les hôtes et hôtesses de caisse voient bien sûr défiler des clients… Autant de personnes, autant d’exigences, de comportements parfois imprévisibles, de remontrances en perspective.burnout-management-formation

Relation entre les relations… et le burn-out.

Tel médecin se fait insulter parce qu’il ne retrouve pas un dossier, tel manager se voit régulièrement reprocher son manque de charisme, tel collaborateur se sent sans cesse décrié au sein de son équipe. Ça vous use un homme (une femme aussi), tout ça ! Peut-on pour autant parler de burn-out ?

L’étude précitée montre que « la perception que le travailleur a du soutien social existant au travail aurait un impact positif sur les facteurs de stress (demandes excessives) et le niveau de stress ». Et dans l’épuisement professionnel, c’est bien de stress, dont il s’agit. Pour l’auteure, la façon notamment dont les travailleurs se soutiennent mutuellement détermine, « dans une large mesure, la transformation effective de la charge de travail en stress au travail ». Autrement dit, les salariés qui se sentiront les mieux épaulés seront généralement ceux qui, même débordés, sauront garder la tête froide.

L’étude va plus loin, mettant à jour une relation étroite entre ce soutien et les 3 composantes du burn-out développées par Maslach et ses collègues2 : assèchement émotionnel, cynisme et perte d’efficacité professionnelle. Ainsi, plus l’individu aura le sentiment d’être soutenu par son entourage, moins il sera exposé à ces 3 spécificités… et donc, très directement, à l’épuisement professionnel.

Le soutien, pierre angulaire de la relation à l’autre.

Vous aurez remarqué la large part qu’occupe « le soutien social » dans ce billet sur les relations avec l’entourage professionnel. Il aurait aussi pu s’appesantir sur les boutades échangées devant la machine à café… et peut-être vous aurait-il, ainsi, bien amusé(e).

Mais c’est bien cette dimension de soutien social – ou du moins la satisfaction qu’il a de ce soutien – qui conditionne en grande partie la perméabilité au stress de chaque individu… et sa transformation éventuelle en burn-out. D’où son importance.

Ce soutien ressenti, si primordial dans la lutte contre l’épuisement professionnel, peut bien sûr prendre la forme d’une aide dans les tâches à réaliser, de conseils ou d’un prêt de matériel. Mais ce peut être aussi une écoute et un peu (pas mal) d’empathie. Le fait de disposer d’un important réseau social participe, lui aussi, de ces soutiens professionnels : avec la confiance en soi que procure le sentiment d’appartenance, on se sent alors intégré à une force sur laquelle on doit pouvoir, si nécessaire, s’appuyer. Une sorte d’assurance qui rassure… et permet de relativiser son perpétuel nez-dans-le-guidon. « Le jour où ça n’ira plus, je saurai bien vers qui me tourner ! »

Et vous ?

Et vous, vous sentez-vous soutenu(e) dans votre entreprise ? Pouvez-vous vous confier, compter sur certains collègues en cas de pépin… ou vous estimez-vous un peu trop seul(e) ? Si tel est le cas, soyez bien attentif(ve) à d’éventuels signes de burn-out. Et, le cas échéant, faites-vous aider avant que la situation ne dégénère !

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 1 Fuhrer Chantal et al., « Quand l’environnement relationnel contribue à la compréhension du burnout » , Management & Avenir, 2011/1 n°41, p. 194-215. DOI : 10.3917/mav.041.0194

2 Ref à compléter car je n’ai rien de précis. Mais toi, tu sais peut-être…

 

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