A parents stressés… enfants stressés.

Vos chères têtes blondes (parfois plus foncées) vous semblent un brin nerveuses ? Il y a, bien sûr, l’école et les copains, la cantine, la maîtresse et les contraintes d’une vie d’enfant. Mais il y a aussi vos gestes, vos mots, vos réactions… et, surtout, votre stress. Celui que vous montrez ou non, celui que vous transpirez ou que vous manifestez plus clairement. Vos enfants s’en imprègnent… Et des parents stressés se retrouvent avec des enfants qui ne le sont pas moins. Décryptage des stress de l’enfance et des incidences du vôtre sur leur niveau de nervosité…

A chaque âge, son stress.

Les enfants, parce que leur cerveau n’a pas achevé sa croissance, sont particulièrement vulnérables au stress. Mais à chaque âge et à chaque contexte familial, son stress !

A la garderie, par exemple, les plus jeunes seraient soumis à un stress quotidien qu’ils ne subiraient pas (toujours) en restant chez eux (bruit, manque de qualité dans les contacts, etc.). Plusieurs études attestent néanmoins que ces derniers produisent, par la suite, moins d’hormones de stress au moment d’entrer à l’école.

L’arrivée à la maternelle, pourtant, constituerait l’une des étapes les plus « stressantes » de l’enfance, avec le passage dans le secondaire. C’est à ces périodes clés, en effet, que l’enfant doit particulièrement faire face à des situations de nouveauté et de manque de contrôle, que Sonia Lupin, fondatrice et directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Université de Montréal, décrit comme 2 des 4 principaux facteurs de stress.

Ces facteurs de stress, elle les regroupe sous l’acronyme « CINE » (voir notre article « CINE: la recette du stress »)

: l’impression de ne pas avoir le Contrôle
I : les situations Imprévisibles
N : les situations Nouvelles
E : les situations qui menacent notre Ego

Quant au milieu dans lequel chacun grandit, il aurait aussi son rôle à jouer : défavorisé, il serait particulièrement source de stress pour les enfants autour de 6 ans, alors très perméables à leur environnement familial. Vers 12 ans, une sorte de pression sociale s’exercerait sur les adolescents des milieux plus aisés… les faisant rattraper les 1ers en termes de production d’hormones de stress.

Quand le stress des parents s’en mêle…

Mais si l’âge et le milieu social n’étaient pas tout ? Si le niveau de notre stress personnel (notamment celui que nous inflige notre activité professionnelle) avait une influence directe sur l’état nerveux de nos bambini ? Ils sont des éponges… nous le disons assez. S’ils ont – nous l’avons vu – leurs propres sources de stress, ils s’imprègnent par ailleurs du stress ambiant et ne se privent pas de le restituer.
NOUS constituons une bonne partie du cadre dans lequel ils se développent, cadre qui – il y a fort à parier – marquera ensuite leur vie d’adulte. A parents stressés… enfants et vraisemblablement futurs adultes, stressés !

Alors oui, nous avons le droit d’être excédés. Et non, nous ne maitrisons pas toujours notre aptitude à la patience en fin de journée. Pourtant, qui ne s’est pas offusqué de ces parents qui, le soir venu, « passent leurs nerfs » sur leurs enfants ? Et qui n’a pas, un jour, fait de même – en refusant souvent de se l’avouer ?

Mais il faut bien que nous prenions conscience d’une chose : plus nous serons stressés, plus nos enfants le seront… ce qui, entre cris et larmes, ne nous aidera pas à nous calmer ! Nous vous laissons imaginer le cercle vicieux dans lequel nous nous plongeons, nous-mêmes et nos enfants. Halte-là !

Détecter, comprendre et… se remettre en question.

Un enfant agressif ? Qui se ronge les ongles ? Enurétique ou trop actif ? Nous pouvons, bien entendu, incriminer ses gênes ou certains facteurs extérieurs. Discuter avec lui de ce qui l’angoisse est une 1ère étape à ne pas négliger.

Votre enfant semble se servir de vous comme exutoire ? S’acharner sur vous, en paroles ou en actes ? Sachez recevoir cette preuve de confiance… Et si ! Un enfant accumule en effet, tout au long de sa journée, une certaine dose de stress, qu’il a ensuite besoin d’évacuer. Pour cela, il choisit une personne affectivement proche – souvent ses parents -, dont il sait qu’ils l’aiment de façon inconditionnelle. Cela n’est bien entendu valable que si l’éventualité d’un réel conflit familial est écartée !

Mais si les facteurs extérieurs peuvent justifier une attitude vive de votre enfant, il est aussi bon de remettre en question l’ambiance familiale dans son ensemble. Et c’est souvent l’étape la plus délicate. Car détecter, discuter, chercher à comprendre et à admettre certains comportements, c’est bien. Accepter d’être potentiellement à l’origine des « problèmes » de son enfant est une étape plus délicate à franchir. Mais il est de notre devoir de parents d’apprendre à gérer notre propre stress, pour le bien-être de nos rejetons.

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4 réflexions au sujet de « A parents stressés… enfants stressés. »
  1. merci pour votre article. Malgré que les enfants sont encore petits et ne peuvent pas bien comprendre ce qui ce passe , ils sont très sensibles et détectent toute anomalie. On les sous estime généralement mais ils peuvent bien sentir le stress de leurs parents donc il vaut mieux faire attention.

  2. Merci pour cette note, le passage sur le stress des enfants est vraiment éclairant. Pour le reste, tout comme les enfants sont sensibles aux non-dits familiaux, ils détectent aussi nos émotions quand bien même nous nous efforçons de les leur cacher. Moralité, vivre stressé, c’est aussi nuire à ceux qui nous sont chers…

  3. Bonjour et bienvenue sur le blog

    merci de votre témoignage et de nous faire partager ce moment de prise de conscience et de lucidité sur les « dommages collatéraux » que cause le burn-out sur notre famille. merci de tout coeur. 🙂 bon courage à vous. Karine

  4. Je suis en arrêt pour burn out depuis 3semaines,mais en fait cet état durait depuis plus d’un an. Et nous n’avons pas fait le rapprochement avec les divers problèmes de santé de notre fille de 5ans, problèmes intestinaux, nausées à répétition, crises de colites, avec de courtes hospitalisations, passages aux urgences. Bref, une vraie éponge, c’est vrai, elle a senti tout ce stress que je transportais comme de grosses malles, elle en a souffert. Et depuis que je suis en arrêt, le changement est radical, je la découvre sereine, gaie et plus de bobos. Et je dis bien « je la découvre »et non la ré-découvre, car je pense que j’ai toujours été dans cet état limite car trop investie dans ce travail. Et bien je pense que ce sera un facteur déterminant, le bien être de ma fille, pour aborder mon travail différemment , m’investir autrement, pour elle.

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