Misez sur votre intelligence émotionnelle !

L’intelligence émotionnelle : c’est elle qui vous permet d’identifier et d’analyser vos émotions. C’est elle aussi qui, suffisamment développée, pourra peut-être vous éviter un épuisement professionnel. Elle ne fait pas tout mais, sans elle, rien ne se fait. Il faut donc la considérer comme un 1er pas dans la mise au rebut de votre burn-out naissant. Voici quelques explications et quelques pistes pour vous aider à en comprendre le fonctionnement et, tant qu’à faire… à la déployer !

burn-out coaching

L’intelligence émotionnelle : fonctionnement.

Faire appel à son intelligence émotionnelle, c’est d’abord prendre conscience de la nature du lien entre des événements déclencheurs d’émotions et les émotions elles-mêmes. Nous savons bien que, dans une situation donnée, différentes personnes ne ressentiront pas toutes la même chose : certaines seront excédées, d’autres compréhensives, d’autres atteintes dans leur orgueil, d’autres, encore, parfaitement indifférentes… Un événement extérieur n’est donc pas, en soi, agréable ou désagréable. Il ne le devient qu’une fois passé par le prisme de celui qui le perçoit.

C’est en effet notre personnalité, notre histoire, notre « configuration intérieure » qui déterminent l’émotion que l’on ressent face à telle ou telle situation. Notre architecture psychique prend en effet appui sur certains besoins, plus ou moins affirmés en fonction des personnes : reconnaissance, efficacité, contrôle, respect, harmonie, etc. Ce sont eux, comme l’explique Philippe Maire dans son Petit traité de résilience à l’usage des surmenés*, qui « orientent le fonctionnement de nos processus mentaux et servent de base à nos croyances ». Nos réactions émotionnelles ne sont donc pas liées directement aux événements mais à nos besoins propres sur lesquels se sont construites nos croyances : un fort besoin de reconnaissance alimentera par exemple la croyance selon laquelle « si on ne me fait pas de compliment, c’est que j’ai mal fait quelque chose ». Résultat : un sentiment de malaise dès que l’on n’obtient pas précisément l’approbation escomptée. Un manque de réaction similaire n’aurait, chez une autre personne, même pas été perçu…

Savoir admettre que les autres ne sont pas responsables de nos ressentis (notamment négatifs) mais que ceux-ci découlent d’une sorte de dissonance entre des faits et notre propre schéma émotionnel, est le propre de l’intelligence émotionnelle… C’est aussi une 1ère étape indispensable pour pouvoir relativiser nos émotions et, ce faisant, commencer à éloigner un éventuel burn-out.

L’intelligence émotionnelle et le burn-out

D’après Philippe Maire, certaines études tendraient en effet à prouver que les personnes « présentant un niveau élevé d’intelligence émotionnelle résistent mieux au stress et sont moins sujettes à l’anxiété et à la dépression ». Quant à son sentiment personnel concernant un lien direct entre intelligence émotionnelle et épuisement professionnel – sentiment que je partage tout à fait – il est qu’une conscience élevée de nos émotions et notre aptitude à les exprimer « pourraient bien constituer un facteur de prévention du burn-out ».

Comment développer son intelligence émotionnelle ?

burn out émotionsReste à savoir comment développer et se servir effectivement de cette fameuse intelligence émotionnelle ! Le mode d’emploi, plus ou moins facile à suivre en fonction des personnes (mais l’obstination paye !), préconise de se poser (et de répondre à) 3 questions précises (largement inspirée de l’ouvrage de Philippe Maire*) lorsque l’on rencontre une situation que l’on ressent comme déplaisante, voire stressante :

  1. Que s’est-il passé / que se passe-t-il ? Il s’agit de présenter les faits déclencheurs de l’émotion.
  2. Qu’est-ce que je ressens dans cette situation ? Cette question permet de faire s’exprimer sentiments et émotions. A bannir : les réponses trop faciles du type « je me sens mal ». Essayez de préciser !
  3. Qu’est-ce qui est le plus énervant/pénible/difficile, etc. pour moi, dans cette situation ? Il s’agit d’exprimer la souffrance principale liée à un besoin non satisfait. 

L’idéal : répondre à ces questions par écrit. Les choses sont ainsi mieux posées et peuvent être relues, retravaillées, complétées…

Ce travail de déconstruction me semble absolument indispensable pour prendre du recul sur nos émotions… Difficile les premières fois, il devient de plus en plus aisé. C’est en le renouvelant régulièrement, en l’appliquant à diverses situations, en vous entraînant à préciser vos réponses, que vous sentirez ses effets bénéfiques. Alors qu’attendez-vous pour le mettre en pratique ?

 Cet article vous interpelle ? Vous pensez n’avoir que peu d’intelligence émotionnelle (ou le contraire) ? Faites-nous part de vos remarques sur notre blog !

 Karine Branger

* Ph. MAIRE, Petit traité de résilience à l’usage des surmenés, La travail autrement, 2012

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