Pour sortir du tunnel, sachez lâcher prise !

Burn out toujours plus?

Casser l’engrenage du « toujours plus ». Faire moins. Décrocher un peu… ou carrément stopper net. Très dur pour les personnes que le burn-out rattrape ! C’est pourtant ce qui peut les sauver. Alors que la plupart des sujets à l’épuisement professionnel ont tendance à démultiplier leurs heures de travail, obsédés qu’ils sont par ce dernier et gagnés par une inefficacité presque maladive, ils trouveront leur salut dans la démarche inverse : pour sortir du burn-out, sachez lâcher prise !

Burn out : La poule… ou l’œuf ? Quand votre temps de travail se déconnecte des tâches à accomplir.

On vous en demande toujours plus. Mais avez-vous réfléchi au fait de savoir si ce rythme effréné que vous avez depuis quelques mois au travail résulte réellement de ce que l’on vous impose… ou s’il ne s’agirait pas là d’un début de burn-out ! La poule… ou l’œuf ? Car oui, la première phase de l’épuisement professionnel est souvent caractérisée par quelques heures en plus le soir, mais quelques heures… ce n’est pas grave !

Seul bémol : celles-ci ne proviennent pas d’une subite surmotivation de votre part, mais d’une analyse bête et, pour le coup, assez méchante dans ses conséquences : il se trouve que les personnes en burn-out perdent peu à peu de leur efficacité. Et elles ne comprennent pas pourquoi il leur faut maintenant rester au travail jusqu’à 20h00 alors qu’elles fermaient auparavant boutique à 18h00. Mais qui dit burn-out dit justement capacité de concentration défaillante, oublis plus fréquents, anxiété croissante faisant perdre leurs moyens aux plus sûrs d’eux-mêmes : autant de facteurs conduisant à une baisse de productivité.

Prisonniers du travail, acceptez d’admettre votre incapacité à décrocher !

Autre point, qui peut être à la fois facteur et symptôme du burn-out : votre obsession du travail ! Non seulement vous travaillez de plus en plus tard, mais vous êtes littéralement envahi(e) mentalement par les problèmes à traiter, les tâches à accomplir, les responsabilités à assumer. Vous êtes cadre ? Prendre une décision vous pèse de plus en plus et vos priorités se désorganisent bizarrement. Même le week-end, même durant vos « vacances en famille », vous restez prisonnier(ère) de votre travail, incapable désormais de décrocher. Vous n’en avez ni le temps, ni l’envie, finalement… Cela vous angoisserait trop ;). Vous expérimentez alors l’échec de vos mécanismes habituels de gestion du stress.

Ce constat doit vous mettre la puce à l’oreille. Si les burn-out sont souvent repérés en avant-garde par l’entourage proche de leurs victimes, vous pouvez néanmoins, fort de la lecture de ce billet, vous poser sérieusement la question. Alors faites-le ! Vous nous remercierez peut-être… ou pas. Mais, au moins, vous aurez une chance de traiter le problème à ses débuts, avant que vous ne soyez presque plus en mesure de le faire tant le burn out aura fait son œuvre.

BURN OUT  OU PASSAGE À VIDE : UN PASSAGE… OBLIGÉ ET SALUTAIRE.

burn-out-lacher-priseSeule solution : décrocher !!! Certes, nous avons vu que vous en étiez devenu(e) incapable. Me voyez-vous venir, à pas de fourmi, avec l’arrêt maladie que vous a prescrit votre médecin et que vous vous n’avez pas suivi ? Il faut VOUS Y CONFORMER !!! S’il n’est pas la solution idéale pour certains (notamment les personnes peu entourées dans le cadre privé), il constitue l’unique salut de beaucoup d’autres. Et ce n’est pas moi qui le dit, mais le corps médical !

Bien sûr, cet arrêt aussi vous fait peur. Qu’allez-vous donc pouvoir faire, toute la journée, à la maison, vous qui n’avez plus que l’énergie d’un cormoran englué dans une marée noire ? Et pourtant. Ce vertige qui vous gagnera sera en même temps salutaire : un passage à vide plus ou moins long, en fonction des personnes, est une étape absolument indispensable dans le traitement du burn-out.
Peu à peu – si, si, je vous le promets ! – vous allez redécouvrir les plaisirs simples, les joies d’un pique-nique en pleine nature, celles d’un ami qui passe pour discuter jardinage, celles de voir votre ado vivre sa première histoire d’amour… Encore un peu, et il se confie à vous ! Cette étape du passage entre le vide sidéral et le je-suis-donc-je-suis-juste-bien est particulièrement importante dans la lutte contre l’épuisement professionnel. Vous retrouverez alors une vie intérieure que le travail avait littéralement anéantie, tant votre objectif d’équilibre individuel s’était progressivement transformé en objectifs chiffrés pour l’entreprise.

Pour sortir de la spirale du burn-out et revenir à vous (dans tous les sens du terme), acceptez de tenter l’expérience !

 Cet article vous interpelle ? Vous avez été en congé maladie pour burn-out ? Faites-nous partager vos commentaires et expériences ! 

6 réflexions au sujet de « Pour sortir du tunnel, sachez lâcher prise ! »
  1. Merci karine,
    je vous souhaite une bonne année 2014 et j espere que j’ aurais l occasion de vous rencontrer.

  2. Bonjour Karine,

    Bravo pour ton article et tes recommandations auxquelles j’adhère totalement : « Lorsque le corde d’un arc est trop tendue, l’arc finit par céder »
    Et oui, il faut se donner la possibilité d’un petit break pour revenir à la « juste » tension …
    Bien à toi!
    Philippe

  3. Bonjour Karine,
    Ah lâcher-prise, ce remède quasi universel et pourtant si difficile à consommer ! Il est pourtant le seul à agir sur le stress, le burn-out, l’anxiété, la dépression. On se retrouve dans un engrenage et on s’enfonce, et pourtant on n’ose pas arrêter la noyade. Je crois que nous subissons les conséquences d’une société judéo-chrétienne qui ne favorise pas le fait de « prendre soin de soi ». C’est un concept qui reste encore un peu mal vu. Dommage !
    Merci pour ce bel article et à bientôt !

  4. Bonjour Karine,

    Il faut effectivement réinvestir des sphères que l’on a souvent laissées en jachère. Accepter que c’est de soi qu’il faut s’occuper. Se débrancher des automatismes comportementaux qui sont en place et qui peuvent nous mener tout droit à notre perte. Apprivoiser la peur pour en faire un levier,une force.

  5. Il est vrai que le sujet en question est face à un choix parfois impossible à assumer :
    – d’un côté le vide sidéral en étant chez soi, sans travail.
    – de l’autre un job qui épuise de plus en plus

    Le vide fait tellement peur alors on a tendance à opter pour ce qui remplit…nos journées !
    D’où l’importance de se faire accompagner si on souhaite vraiment lâcher prise : seul , c’est difficile.
    Karine

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