Quand devrez-vous arrêter de subir ?

Retrouver un équilibre dans votre travail… ou le quitter sans trop risquer : les 6 astuces qui fonctionnent.

Pour se sentir bien dans son travail, il faut avant tout se sentir important pour son entourage : compétent et reconnu pour cette compétence. Mieux : indispensable ! Mais les temps sont durs… Beaucoup de salariés, devenus interchangeables, doivent « se contenter » d’être conformes pour ne pas « sauter ». (L’industrie des sièges éjectables, elle au moins, se porte bien…) Leurs valeurs personnelles ? Piétinées. Leurs compétences ? Peu importe : c’est désormais la rentabilité des personnes qui prime. Dans ces conditions, chacun encaisse pour tenter de garder sa triste place. Mais jusqu’à quand cela peut-il durer ? Rester, c’est la dépression professionnelle. Partir, c’est bien sûr prendre un risque. Voici 6 astuces pour tenter de retrouver un équilibre dans votre travail… ou le quitter sans trop risquer.

1.        Intégrez l’existence même du burn-out dans vos critères

Ne laissez pas le burn-out vous prendre au dépourvu ! Il existe, vous le savez… Intégrez donc dès aujourd’hui son existence dans l’évaluation de vos situations professionnelles : connaître l’ennemi et ne pas le nier, c’est déjà, d’une certaine manière, le combattre. Vous serez aux aguets et pourrez ainsi en percevoir les signes avant-coureurs et le plaquer au sol avant qu’il ne vous mette, lui, à terre. Pensez, le cas échéant, à contacter un professionnel de la lutte contre le burn-out : ses armes pourront être redoutables ! Et votre équilibre professionnel retrouvé gagnera, c’est sûr, en stabilité.

Atelier-sos-burn-out2.        Pensez, dès aujourd’hui, que rebondir est possible

Vous avez un emploi ? A la rigueur, vous n’y êtes pas trop mal… Mais, sans vous mettre à psychoter ou à dénigrer ce que vous avez, gardez à l’esprit que vous devrez peut-être, un jour, « rebondir », comme on dit. N’attendez donc pas de vous retrouver dans une situation extrême, qui ne vous laissera guère de choix (et peu de sang-froid pour agir de manière raisonnable), pour vous interroger sur les points qui, à terme, pourraient vous peser. Un membre de l’équipe trop avenant pour être honnête ? Des objectifs qui vous semblent un peu irréalistes ? Un salaire peu conforme à vos attentes ? Un poste qui, finalement, ne correspond pas vraiment à vos compétences ? Tout cela pourrait attirer, sur le moyen terme, la bête pernicieuse qu’est le burn-out. Tendez-lui un piège : pour le faire trébucher, construisez-vous une sorte de porte secrète. Une issue de secours que vous aurez pris le temps d’imaginer et d’aménager, une stratégie de reconversion à effet immédiat, ou presque. Une création d’entreprise ? Un autre poste ? Peu importe. Le tout est de savoir où aller le jour où vous ne pourrez plus rester, parce que vous n’en pourrez plus ou qu’on vous aura remercié(e). Le stress, d’un coup, retombera, et le burn-out en sera pour ses frais.

3.        Vous poser, tout de suite, les bonnes questions

Depuis des années, on vous fait croire que, si vous voulez être sûr d’avoir toujours un toit, il faut bien sagement exécuter les ordres de vos supérieurs, au risque de renier vos propres valeurs. Isabelle Méténier, psychosociologue spécialisée dans l’accompagnement de personnes en situation de mutation professionnelle, expliquait récemment* qu’ « avant, la loyauté était de bien faire son travail et d’en être récompensé. Aujourd’hui, c’est de mal le faire si l’entreprise l’exige. » A la clé : frustrations résultant d’une baisse d’estime de soi (on travaille mal et on n’aime pas ça) et piétinement de nos valeurs personnelles. Dans ce contexte, il est absolument vital de se poser les bonnes questions : « Que suis-je prêt(e) accepter ? Quelles sont mes limites ? Combien de temps cela peut-il durer ? » Savoir qui vous êtes et déterminer précisément ce que vous pouvez tolérer permet de ne plus naviguer à vue : vous avez un plan précis et savez où vous allez. Votre paysage gagne en clarté, vos idées également, et le burn-out ne peut plus s’engouffrer dans vos trop vastes questionnements.

Burn-out-prendre-soin de soi

4.        Osez vous affirmer

Lourde éducation que celle que nous avons, pour la plupart d’entre nous, reçue : depuis tous petits, on nous explique qu’il faut obéir. D’après Isabelle Méténier* : « On ne nous apprend pas à nous affirmer. A l’école, on nous apprend à être conformes, obéissants, à ne pas discuter sous peine de punition ». Résultat : des adultes qui ne font pas de vagues. Il est pourtant important, pour l’équilibre de tout individu, qu’il puisse s’exprimer. Prenez-vous ce droit ! Sans forcément devenir celui (ou celle) qui n’est jamais d’accord, affirmez votre personnalité et vos idées. Quand vos propres valeurs sont trop mises à mal, discutez-en. Quand vous pensez que l’entreprise gagnerait à profiter de telle ou telle opportunité, balayée d’un revers de main par votre hiérarchie, demandez un rendez-vous… En osant vous affirmer, vous pourriez bien avoir la bonne surprise de gagner en écoute… et, c’est sûr, il vous sera plus facile de vous regarder en face dans votre miroir. Exit le burn-out du « Je prends trop sur moi ».

 5.        Mettez des limites à votre investissement

Dans le même ordre d’idée, apprenez à mettre des limites à votre investissement professionnel : sortez de l’illusion que plus vous quitterez tard le travail, plus votre entreprise vous en sera reconnaissante ! Alors soyez sérieux, faites ce qu’il y a à faire, mais évitez le zèle : il vous fatiguera plus qu’il ne vous aidera auprès de vos supérieurs. Restez en forme pour démultiplier votre efficacité réelle : c’est le meilleur service que vous pouvez rendre à votre profession.

6.        Développez de nouvelles compétences : adaptabilité, souplesse, relationnel

Pendant que vous êtes en poste, profitez-en pour développer de nouvelles compétences. Non, pas forcément techniques ! Mais celles qui, dorénavant, font fureur sur le marché de l’emploi : adaptabilité, souplesse, qualités relationnelles, développement et utilisation de votre réseau… Vous verrez, cela fait toute la différence !

Karine Branger

* Le Cercle Psy, mars/avril/mai 2013, entretien avec Isabelle Méténier (rubrique «Psychologie sociale »), p87

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8 réflexions au sujet de « Quand devrez-vous arrêter de subir ? »
  1. Bonjour ! Moi aussi, j’aime vraiment beaucoup cet article. Je ne connais pas Nietzsche, mais le côté « épreuves nécessaires » me gêne. Je préfère la vision de Cyrulnik qui précise bien que, si la résilience permet, après les épreuves, de vivre bien, voire mieux que si on n’avait pas vécu tout ça, il serait préférable pour autant de ne pas les subir, donc prévention prévention !! enfin, je lis ses écrits ainsi … Bonne continuation à toutes (les hommes ne sont pas présents, pour l’instant … sauf celui qui a bien voulu écouter ce que Nathalie lui lisait à haute voix, et je trouve la scène très belle).

  2. Bonjour Karine,

    J’aime vraiment bien cet article. Je l’ai d’ailleurs lu à haute voix à un proche qui semble très proche du burn-out… Merci pour tes bons conseils !

    Bonne fin de semaine

  3. Cécile,

    effectivement tout est dans la connaissance et la prévention 🙂 à bientôt

  4. Bonjour Sylviane,

    merci beaucoup pour ce rappel Nietzchéen que je partage :). Effectivement trouver les ressources en étant positif peut très certainement aider à la prise de conscience ou de distance nécessaire pour aller mieux. La difficulté avec le burn-out c’est que l’épuisement physique et/ou psychique est tel qu’on est souvent plus capable de mobiliser une once de ressources. Et c’est malheureusement à ce stade qu’une décompensation peut arriver ou une tentative de suicide. La prise en charge par d’autres (médecin, accompagnant, famille…) et alors inévitable.

  5. Bonjour Karine,
    Trouver un équilibre au travail ne suffit pas.
    C’est la vie affective qui est déterminante aussi dans
    la vie d’un humain. C’est ce qui lui permet de ne pas
    se surinvestir au travail. S’il n’a rien pour se distraire
    ou personne à aimer à la maison, il va se lancer corps
    et âme au boulot pour éviter de sentir le vide!

  6. Bonjour Karine,

    D’emblée je réponds à la question du titre :
    Il faut arrêter de subir immédiatement. Ne serait-ce qu’en changeant son point de vue pour ne pas «avoir l’impression de subir».

    Un exemple facile et souvent utilisé : la température. Rien de sert de s’énerver ou de se plaindre lorsqu’il ne fait pas beau et que nos projets sont contrecarrés. Voyons ça d’un autre œil : c’est bon pour la nature, l’agriculture (sans agriculture pas de vie), c’est bon pour faire autre chose qu’on aurait aussi besoin de faire ce jour-là.

    Je sais que c’est plus facile à dire que de mettre en pratique, mais il faut bien commencer quelque part.

    Quant au travail, je trouve le commentaire de Sylviane très approprié au sujet du travail

    Amicalement,

    Sco! 😉

  7. Karine, je suis entièrement d’accord avec le fait qu’il faut garder à l’esprit que le burn out existe, qu’il fait partie des règles du jeu. L’accepter est aussi une des meilleurs façon de l’éviter…
    Cécile

  8. Bonjour Karine

    Quand j’ai fait ma dépression nerveuse en partie à cause d’une ambiance professionnelles détestable, j’ai réussi à me poser les bonnes questions surtout comment trouver de l’intérêt à un travail dont j’avais besoin financièrement mais qui m’épuisait psychologiquement parlant.

    Je suis une adepte inconditionnelle du positivisme (attention être positif mais avec les pieds sur terre) et de l’optimisme car ce qui ne nous tue pas nous renforce disait Nietzsche donc en se posant la question du comment fairte pour aller mieux dans une situation difficile ou pourquoi est-ce que je subis cette situation permet de progresser sans aucun doute possible

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