« Quand le travail vous tue » Aude Selly : un témoignage sans concession!

« Quand le travail vous tue, histoire d’un burn-out et de sa guérison » vient de sortir aux éditions Maxima. Aude Selly y raconte son histoire sans artifice ni fausse pudeur. Elle y raconte sa descente aux enfers, les ravages d’un burn-out qu’elle n’a pas vu arriver. Entre deux interviews pour des chaines de télévision elle a gentiment pris le temps de répondre à mes questions.

Karine : Bonjour Aude. Votre livre « Quand le travail vous tue, histoire d’un burn-out et de sa guérison » vient de sortir aux éditions Maxima. Pouvez-vous s’il vous plaît vous présenter à nos lecteurs ?

Aude SellyAude : Je m’appelle Aude SELLY, 34 ans, et je suis cadre en ressources humaines.

Karine : On sent dans votre livre un fort sentiment d’urgence. Pouvez-vous nous expliquer dans quel contexte vous avez écrit ce livre ?

Aude : J’ai écrit ce livre dans un contexte d’atroce souffrance. J’étais chez moi, je faisais les cent pas, je me prenais vraiment pour une folle croyant que j’avais tout inventé, que ma souffrance était issue de mon imagination.

Oui, un sentiment d’urgence. Il fallait que j’expulse tout ce qu’il y avait enfoui à l’intérieur de moi, pour réaliser que ma souffrance était fondée. C’était le seul moyen de me rendre compte que je n’avais rien inventé, il me fallait tout rassembler.

J’ai écrit ce livre en 6 jours, comme une machine à écrire et sans dormir, en tous cas très très peu.

 Karine : Quelles ont été, selon vous, les différentes causes de votre burn-out ?


Aude : Comme je le dis dans le livre, j’ai souffert de la multitude des tâches à effectuer. Il y a 2 types de fonction, en ressources humaines : soit un poste spécialiste, soit un poste généraliste. Le mien étant généraliste, il demandait d’être performant dans plusieurs domaines : le recrutement, la gestion de la paye, le suivi administratif du personnel, le conseil juridique en support du management et l’évaluation des compétences… Il me fallait de plus être disponible pour écouter et discuter avec les salariés.

J’ai souffert également de mon isolement. La délégation des tâches n’exclut pas l’accompagnement. Or j’étais censée être autonome… et, comme il n’y avait rien à me reprocher, personne ne se préoccupait de comment j’arrivais à accomplir toutes ces tâches. L’équipe RH dont je faisais partie de manière uniquement fonctionnelle était en banlieue, éloignée. Je n’avais ni le même poste, ni les mêmes problématiques que les managers ou les salariés : je me sentais seule pour assurer ma fonction. Je ne pouvais parler que très peu de ma situation, et comment aurais-je pu, de mon phare ? Je ne pouvais pas transmettre ma souffrance alors que je devais moi-même être auprès des salariés pour les soutenir.

Et enfin, j’ai souffert de l’ignorance dans le détail du poste que je tenais par mes responsables hiérarchiques, ignorance que je détectais lors de mes évaluations annuelles.

Karine : Vous avez fait une tentative de suicide. Avec le recul aujourd’hui, y a-t-il eu des signes qui auraient pu alerter votre entourage personnel ou professionnel ?

Aude Selly-Burn-out

Aude : Oui et non. Oui parce que je travaillais énormément, je rentrais tard, je partais tôt, j’emmenais mon PC portable avec moi pour travailler aussi le weekend et avancer des dossiers.

J’ai commencé à me plaindre de maux de dos, de reflux gastro-œsophagiens, mais moi je fermais les yeux, je me disais que « ça passerait » avec le temps. Les médecins me demandaient si j’étais stressée, me disaient que c’était dû au stress, j’acquiesçais, mais moi-même je ne croyais pas que mes maux étaient imputables à ma situation professionnelle. Je faisais un déni.

Mes proches me conseillaient de « ralentir ». Mais quand on est la tête dans le guidon, quand on est surchargé, quand on travaille sur des dossiers importants ou qu’on aime tellement son travail qu’on s’y investit « corps et âme », c’est tellement difficile de se rendre compte de la descente aux enfers. Et c’est facile de dire « tu aurais pu ». Non, je ne pouvais pas, voilà ce que je répondais, et voilà ce que répondent ceux qui souffrent au travail. C’est pour cela que les managers doivent apprendre à repérer les collaborateurs qui risquent de basculer.

Karine : Qu’avez-vous mis en place pour essayer de vous en sortir ?

Aude : Ce n’est même pas moi qui ai mis en place quoi que ce soit. Je suis allée voir mon médecin traitant au mois de juin 2012 : elle m’a entendue, m’a vu pleurer, désabusée, perdue, épuisée, et c’est elle qui a su me prescrire un arrêt maladie. Il était inconcevable que je retourne travailler dans mon état.

Elle m’a orientée vers une psychologue du travail, et nous avons travaillé durant 6 à 7 mois ensemble, toutes les 3. Mais cela n’a pas suffi, parce que 7 mois après ma visite chez mon médecin traitant, j’ai tellement pété les plombs (1 mois après l’écriture du livre) que je suis entrée en hôpital psychiatrique : j’ai été internée 2 fois pour une durée totale d’un peu plus de 2 mois.

C’est pour ça que je veux HURLER et défendre ce livre, agir en amont du burn-out, parce qu’il peut provoquer des dommages physiques, psychologiques et émotionnels graves.

Karine : Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Aude : Je suis toujours en arrêt maladie et je suis suivie par une psychiatre depuis le mois de décembre 2012. Je me recentre sur moi-même, je me repose, j’essaie de me reconstruire mais mon dieu, que c’est long ! Mon burn-out a été si dévastateur et grave que j’ai quand même voulu en finir avec une tentative de suicide. Combien de temps on prend pour s’en remettre? Je ne sais pas. Jamais sans doute. En revanche, comme je le dis dans le livre, je change si profondément que je ne ferai plus les mêmes erreurs. Alors je continue à m’occuper de moi, je fais confiance aux médecins et à la médication. Il est très important de comprendre et de réaliser qu’il est impossible de s’en sortir seul. A mon sens.

Karine : Comment voyez-vous votre avenir, quels sont vos projets ?

Aude : Mon avenir ? Bonne question. Je ne le sais pas vraiment. Enfin, si, je veux guérir et que cette période très dure soit derrière moi. Mais il me faut du temps, encore du temps. Je suis traumatisée, je le dis dans le livre, je suis marquée à vie.

Mais malgré cela, je veux me battre et combattre ce fléau qu’est l’épuisement professionnel, en le dénonçant grâce à mon livre témoignage.

A long terme, je souhaite utiliser ce livre comme outil pour la protection de la santé des salariés au travail. Je m’imagine devenir consultante pour la prévention des risques psychosociaux, peut-être pour un cabinet? On verra ce que l’avenir me réserve.

En attendant si les personnes qui me lisent sont sensibles au sujet de la souffrance au travail, elles peuvent aller liker ma page Facebook « Souffrance au Travail/Gestion du stress » »

 Karine : Merci Aude d’avoir accepté de répondre à mes questions, vos réponses votre expérience vécue et partagée participe de l’information sur un syndrome encore mal connu.

Si l’expérience d’Aude fait particulièrement échos pour vous, n’hésitez pas à venir partager  vos réflexions, sentiments, expérience dans les commentaires. A bientôt.

 Karine Branger

17 réflexions au sujet de « « Quand le travail vous tue » Aude Selly : un témoignage sans concession! »
  1. moi aussi j’ai subi le harcèlement moral de ma collègue qui ne m’a pas lâché pendant quatre années, je faisais mon travail mais elle était toujours derrière moi avec l’appui de notre chef de service, j’ai travaillé durant 19 ans dans cette société, j’ai alerté les syndicats, la RH et le médecin du travail, j’ai fini par craquer et signer une rupture conventionnelle je ne voulais pas partir de cette société je voulais simplement changer de service, j’ai été arrêtée durant plusieurs mois et aujourd’hui je n’ai toujours pas retrouvé de travail depuis 2014 je souffre en silence par ce que je me dis pourquoi c’est moi que l’on a désigné pour devenir le souffre douleur d’une folle assoiffée du fait qu’elle était responsable de secrétariat elle avait tous les droits avec l’aval du chef de service qui n’a pas voulu m’écouter et qui au contraire m’a enfoncé au niveau de la RH alors que tout le monde savait dans mon service que je subissais ce harcèlement mais personne de mes collègues ne m’a aidé voilà aujourd’hui j’ai perdu ma dignité et ma fierté à cause d’une femme complétement disjonctée par le pouvoir de tout régenter

  2. A l’heure ou la france a du mal à développer des entreprises et ou le nombre d’assistés est de plus en plus important . Je pense qu’il y a autre chose à faire pour redresser la France que de de faire encore une loi (lâche) ou vont s’engouffrer tous les fainéants. La France n’a pas besoin de cela actuellement sauf si vous voulez l’achevez. Je ne doute pas qu’il y n’ai pas de véritable burn out et c’est bien de soulever le problème mais il ne faut pas devenir un intégriste du burn out juste pour exister. Dix pour çent de burn out me parait totalement excessif . Essayer d’élever la France par le haut pas par le bas. Je pense que le gens et les patrons sont assez intelligents pour voir des burm out sans avoir à faire encore une loi. Comme disait Regan en France tous ce qui bouge on le taxe , tout ce qui bouge encore on le réglemente, et tous ce qui coule on le redresse. IL faut arreter avec les lois qui enchaine les énergies .

  3. Bonjour,
    Dans le cadre de mon mémoire portant sur la conduite du changement et l’épuisement professionnel, je réalise une enquête afin de recueillir votre témoignage sur la manière dont vous avez vécu le changement au sein de votre entreprise.
    A noter que ce questionnaire est anonyme et que votre témoignage est important. J’aimerais montrer que l’épuisement professionnel est quelque chose qu’il faut prendre au sérieux et que c’est du rôle de la direction des ressources humaines et du supérieur hiérarchique de faire attention à la santé mental et physique de ses salariés. J’aimerais montrer grâce à ce questionnaire l’importance du phénomène d’épuisement professionnel mais aussi montrer que le facteur humain dans une conduite du changement est pour la plupart du temps négligé dans sa totalité.
    LIEN :
    https://docs.google.com/forms/d/1m_jg4sDKlVYNzcvFwiQIAMHA6vd7HyQv_g0FaSxVY0c/viewform

    Je vous remercie d’avance d’avoir accepté et consacré quelques minutes pour répondre à cette étude de la manière la plus sincère possible. Je me tiens à votre entière disposition, pour toute information supplémentaire.
    votre témoignage est important

  4. Bonsoir Antoine,
    merci de votre témoignage. Cela me renvoi à des situations que j’ai pu vivre. La culpabilité d’abandonner son équipe, être la variable d’ajustement, celui qui ne compte pas parce que c’est normal, parce que l’équipe compte avant tout…ils ont besoin de vous… je connais, je ne connais que trop bien ces sentiments qui vous poussent à votre perte… on le sait et pourtant on y va, car qui d’autre le ferait? On sait que les autres craquent et souffrent et on comprend…jusqu’au jour ou votre corps dit stop, votre esprit dit stop…Ne recommencez pas cette spirale infernale que vous avez déjà vécue. Votre vie compte! allez chez votre médecin et faites vous arrêter! Vous n’êtes pas en état de travailler! C’est la seule vraie chose sensée à faire. Vous êtes entouré par des professionnels c’est bien! Alors écoutez les! sauvez-vous, sauvez votre vie. Vos hommes ont besoin de vous en forme et c’est comme cela que vous les aidez et que vous pourrez prendre les bonnes décisions pour vous comme pour eux. Je suis avec vous de tout cœur, les solutions existent pour en sortir, prenez la décision de compter! parce que vous comptez pour nous tous et pour eux. amicalement. Karine

  5. Bonjour a tous les lecteurs. Je vous saviez comme je suis content de voir un tel blog! Je cherche des lecteurs atteints du meme syndrome que celui dénoncé dans ce livre que j ai lu d une traite.
    Je vais vous expliquez mon histoire.
    J ai 31 ans et j ai fait un burn out suivi d une belle dépression. Je suis manager dans une grande entreprise multinationale. J adore mon job et cela a été fatale pour moi aussi. Je dirige environ 150 personnes dans un contexte de changement intense dans mon entreprise. J ai une vision différente de mes collègue sur le rôle du manager. Dans mon secteur et selon ma hiérarchie, un manager opérationnel se doit d etre compétent techniquement et d appliquer les ordres de la direction. Je pense pour ma part que le manager n a pas besoin de compétente ce technique, j ai suffisamment de personnels sous mes ordres pour me renseigner si besoin. Le manager doit fluidifier les rouages, expliquer les décisions, prendre le pouls de ses troupes, etre humain en fait.
    Enfin bref, je n etais pas dans le moule de mes prédécesseur mais cela se passait pas tes bien, j avais d excellent résultats, les employés m apprécient fortement car je suis juste et je les ÉCOUTE.
    Revenons a ma chute….de grands changements sont décidés par la direction et mon service est désigné pour expérimenté le changement. Tous les grands chefs attendent de mon service que nous mettions en œuvre leur politique dans des délais tres courts, trop courts, sans être formés , ni préparé …il fallait appliquer les ordres.
    Aimant les challenges et croyant en mes chefs, je m y attelle de toutes mes forces, je m approprie les sujets, propose des modifications, met en œuvre les propositions auprès de mes personnels. Je ne compte pas mes heures, j arrive de plus en plus tot et fini de plus en plus tard. Mes hommes ne comprennent pas les décisions de nos chefs, ils se sentent abandonnés, laissez dans leur calvaire sans écoute autre que la mienne. Je tente d avertir mes chefs mais cela leur est égal, chacun ses problèmes me répondent ils….je le vie de plus en plus mal pour mes hommes car les changements continuent, on s empêtre dans cette situation tout en continuant a été opérationnel. Mes chefs sont contents, notre situation se dégrade de plus en plus, mes hommes sont démoralisés, je leur demande de plus en plus et ils s exécutent car ils ont confiance en moi. Cela faisait un an que j appliquais cette politique du mieux que je pouvais, je me disais que mes chefs allaient voire mon travail titanesque, allait entendre la souffrance de mon personnel et que notre vécu servirait d expérience. Au lieu de cela on me dit que je partai dans 4 jours au émirats arabe unis pendant trois mois pour effectuer un mission la bas. 4 jours pour tout boucler chez moi, prévenir ma femme, boucler tous les sujets courants (la maison, les factures, etc…) prévenir mes hommes et déléguer tout ce que je pouvais…..je suis exténué mais je me dis que le travail paie, que mes chefs vont se rendre compte que je ne pourrais pas tout faire. Je vois quand mes hommes vont mal, quand ils sont a bout, quand je dois les freiner donc mes chefs voient forcément la même chose me concernant, pas la peine de s apitoyer sur son sort, et puis tu es un manager, tu dois montrer l exemple!
    Je reviens après trois mois de bon et loyaux services, la situation s est aggravée dans mon service, je le vois immédiatement. Mes hommes n en peuvent plus, ils tirent la langue et un de mes hommes me dit #on le fait car on sait que toi tu ne nous laisseras pas tomber# cela me blesse au plus profond de moi, je suis responsable de mes hommes , de leur bien etre et je les envoies tous au casse pipe….mes chefs ne veulent pas m écouter….
    Les résultats sont toujours au rendez vous et on m envoie une semaine plus tard en Arabie saoudite pour un colloque d une semaine. Je refuse car je suis rentré depuis 5 jours et que je suis exténuer. On me met au garde a vous…..je m exécute. Je reviens avec une salmonelle dans le corps, mon médecin veut m arrêter mais je refuse, mes hommes ont besoin de leur chef…je suis mort de fatigue , je pleure, je suis irritable a la maison, j ai du mal a me tenir debout, j arrête de manger car je vomis tout ce que je mange mais j assume mon travail. Je perds 20 kilos end en deux mois mais cela n interpelle personne sauf ma femme. Mes chefs m en demande toujours plus, mettent la pression sur mes hommes et je suis spectateur de leur chute, de la mienne. J ai du mal a ma lever le matin , je n arrive plus a me concentrer, j ai mal au ventre constamment mais je tiens. Et la, mes chefs décident de m envoyer en Afghanistan pendant trois mois encore, comment leur dire que je vais craquer, que je ne tiendrais pas….je ne peux pas. Je pars en Afghanistan et je tiens 9 jours sans manger, sans dormir puisse m effondre. Je suis rapatrié d urgence et suis interné a l hôpital pendant deux mois.
    Je suis sous antidépresseur depuis un an et demi et personne ne sait pourquoi j ai été arrêté pendant cette période. Mes chefs se doutent forcément mais personne ne veut l entendre.
    J ai repris mon même job après trois mois d arrêt seulement, mon psy n y croyait pas mais mes hommes avaient besoin de moi.
    Je tiens depuis plus d un an comme cela mais je sens que mon corps bascule a nouveau. Je dors de plus en plus mal, la charge de travail s accumule et je me sens défaillir a nouveau.
    Mon psy ne sait pas quoi faire et moi non plus, je pensais que cela m avait servi de leçon mais force est de constater que non….
    En espérant que je trouve la force et le courage de m arrêter a temps…..
    Un conseil? Un site de parole? Un blog? Je suis preneur!
    Bises a vous….

  6. Bonjour,
    Ce témoignage, et le livre qu’il présente, met bien en avant l’une des causes principales du stress au travail dont le burn-out n’est que la conséquence : « un déséquilibre entre les attentes perçues et l’autoévaluation de ses propres capacités à rencontrer les exigences de la tâche » (Cf http://www.relaxationdynamique.fr/stress-performance-burn-out/).
    Arrivé au stade du burn-out, il est devenu trop tard pour lutter et rétablir l’équilibre. L’épuisement physique et moral de la personne ne le permet plus. C’est la raison pour laquelle, en entreprise, les sophrologues vous apprennent à trouver vos limites, à reconnaitre les signes qui indiquent que vous arrivez au point au-delà duquel le stress devient votre ennemi au lieu d’être le moteur.

  7. Bonjour Karine
    Merci de me répondre aussi vite!
    Non, je n’ai pas rencontré de psy/coach.
    Qui doit me le prescrire?
    Où doit-on s’adresser?
    Cordialement
    Gwen

  8. Bonsoir Gwen,

    Votre situation semble bien difficile et j’en suis sincèrement désolée pour vous. Vous n’êtes pas seule, je suis là et comprends votre souffrance. Les lecteurs du blog sont là aussi pour vous et pour vous soutenir. La première étape est de parler de votre situation à quelqu’un. Avez-vous consulté un psy/coach/thérapeute de votre situation? Amicalement, Karine

  9. Bonsoir,
    Je suis en plein dedans…
    Je ne sais comment je vais m’en sortir…, la non reconnaissance de mon travail, le manque de discernement, de franchise me tue!
    Je viens d’apprendre ce matin, que mon poste n’avait plus de financement et qu’ils ne savaient pas quoi faire de moi! Que je ne devais pas me mettre dans cet état alors que je ne suis pas licenciée!
    je suis en arrêt maladie souvent depuis début 2013, j’ai déjà rencontrée la médecine du travail, on ne me propose aucune solution, face à mon mal être sauf de bien me comporter face à ma direction et surtout de ne pas être agressive! je n’en peux plus…
    Je ne sais à qui en parler, ma famille est soucieuse face à mon désarroi, elle a peur du pire et franchement j’y ai bien pensé aujourd’hui.
    Comment dénoncer ce burn out qui commence à me rattraper?
    Merci de bien vouloir m’aider
    cordialement

  10. Bonjour Karine,
    Je voulais aussi apporté mon témoignage.
    Cela fait bientôt un an que je suis dans cette situation de burn out, mais seulement quelques semaines que le mal est identifié. Fatigue passagère, dépression saisonnière, déprime, dépression sévère, mon médecin traitant est passé par tout les diagnostiques possible. Finalement, la psychologue à mit le doigt sur ce qui me bouffait jour après jour.
    Je ne pensait pas du tout à cela. Je n’ai aucune responsabilité, je suis en bas de la chaine, je ne travail pas plus de huit heures par jour, mais constamment sous pression.
    Depuis, je cherche des informations, des témoignages sur cette maladie. Et c’est durant ces recherches que j’ai découvert le livre d’Aude. Une véritable claque! Les mêmes situations, le même stress permanent, le même sentiment d’impuissance… Je me reconnais dans son témoignage. Ce livre est une leçon, aussi utile aux victimes de la maladie qu’à son entourage.
    Merci Aude! Maintenant je sais que je suis une victime et non un incapable, et qu’il est possible d’avancer!
    Et merci Karine d’avoir créer ce blog qui est pour moi une mine d’information.

  11. Bonjour Marianne,

    Sincèrement désolée de la situation que l’on vous fait subir. Ne restez pas isolée dans le « placard » dans lequel on vous enferme. Je peux imaginer que vous avez vu le médecin du travail, si ce n’est pas encore fait alors prenez rdv. Même si cela n’apporte pas toujours de solution cela aura le mérite de rendre votre situation encore plus officielle. Faites vous accompagner par un coach ou un psychologue/thérapeute qui va vous aider à passer ce mauvais moment. Ce que vous subissez n’est absolument pas normal, j’en connais l’impact sur le moral, la santé et la sphère familiale. Je suis de tout cœur avec vous. Karine

  12. Bonjour

    J’étais moi aussi encadrante RH de proximité à la Poste et très investie dans mes tâches et appréciée des agents. J’ai aussi fait un burn out et je viens de lire d’une traite le livre d’Aude Selly. Et pourtant moi j’ai fait remonter le problème à plusieurs reprises mais je passais pour la râleuse de service , mal organisée . Car le pire c’est que tous mes collègues avaient les mêmes problèmes mais ils avaient et ont toujours peur de la ramener . Et encore plus depuis ce qui m’arrive aujourd’hui . En effet, depuis le 5 août le directeur sans raison valable m’a mise au placard , pas de quoi se relever de cette terrible expérience . J’essaie de tenir mais le travail de destruction mentale est en route, on m’a interdit l’accès à mon ancien bureau , je n’ai pas encore pu récupérer mes effets personnels , on m’a affectée sur des tâches subalternes et depuis une semaine, je ne reçois plus aucun mail . Le pire c’est que je n’ai aucune explication sur mon éviction « illégale » de mon poste de travail . C’est très dur moralement car le but est indéniable , il faut que je recraque voire pire . Je suis syndiquée et j’ai fait remonter ma situation à la médiatrice de la vie au travail de la Poste en espérant que cela pourra m’aider mais je n’en suis pas convaincue. Même si la Poste n’est pas arrivé au stade de France Télécom, il faut savoir que tous les suicides ne sont pas médiatisés et d’ailleurs ce n’est jamais à cause du travail mais à cause de problèmes familiaux c’est bien connu . Quand est ce que nos dirigeants se remettront en cause ? ce serait bien tout de même

  13. Bonjour Janine,

    il semble que les métiers des RH soient malheureusement propices au développement du syndrome du burn out. Je connais bien le problème 😉 Surcharge de travail, grosse pression liée aux enjeux, conflits de valeurs…Je suis en pleine réflexion pour proposer un atelier spécifiquement aux équipe RH tant je perçois un fort besoin et un manque de solutions adaptées. Bravo de vous en être sortie et merci aux vôtres de vous avoir soutenu (ce n’est vraiment pas simple pour l’entourage). Prenez soin de vous. à bientôt Karine

  14. Bonjour Jeanine,

    Bienvenue 🙂 effectivement son témoignage à le même échos pour moi aussi. Les cordonniers les plus mal chaussés! depuis je marche « pieds nus » et je vais très bien 🙂

  15. Bonjour Karine
    L’expérience d’Aude me rappelle étrangement la mienne ;comme elle j’ai été DRH et je me reconnais dans les problèmes qu’elle évoque ; situation pratiquement similaire , sauf que je n’ai pas dérapé parce que j’ai eu la chance de bénéficier d’un soutien familial très fort mais je garde encore aujourd’hui les séquelles de cette époque ; j’y pense comme à un traumatisme majeur que je ne pourrai jamais éliminer

  16. Une idée me vient !

    Accepterais-tu que je cite cet article sur mon blog…lors de mon évènement interblogueurs…?
    J’ai prévu au cours de mes 21 jours de défi..de faire des coupes…et de mettre quelques surprise ( vidéos, interview…).
    OK ?
    Bonne journée
    Karine

  17. En effet, j’avais entendu son interview à la radio… !

    Ca fait froid dans le dos ! …tout comme ton image où l’on sent que ça va lâcher ! Aie !!

    Tant mieux pour elle….elle est sur la voix de la guérison…d’autres n’ont pas eu cette chance là….
    Encore d’actualité de nos jours…avec Ce suicide chez France Télécom à Roubaix…Mais peut-être que ce n’était pas un burn out..

    Merci Karine de vouloir tant faire de bien aux autres !

    Ps : tu pourrais mettre le pluggin comment luv…les blogueurs en sont friands. Ca pemet d’inscrire leur dernier article rédigé sur leur blog.

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